Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
J'ai vu ce film de nombreuses fois à la télévision, j'ai revu je ne sais combien de fois le DVD colorisé et la version numérique en noir et blanc. Je connais les dialogues, les répliques et les détails par cœur mais chaque visionnage est toujours une franche partie de rigolade. Je veux parler de ce chef d'œuvre par trop méconnu du cinéma Français, les "Tontons flingueurs"…
Synopsis : 1963. Fernand Naudin (Lino Ventura) est un ancien truand reconverti dans le commerce de machines agricoles à MONTAUBAN (Tarn-et-Garonne). Sa vie rangée bascule lorsque Louis (le mexicain) l'appelle à son chevet alors qu'il est mourant à PARIS, où il est revenu.
Avant de s'éteindre, il fait de Fernand son successeur et lui confie sa fille Patricia au grand dam de ses troupes et sous l'œil malicieux de Maître Folace (Francis Blanche), le notaire qui se fiche royalement de la guerre de succession à venir.
Fernand Naudin affrontera les frères Volfoni : Raoul (Bernard Blier) et Paul (Jean Lefebvre) qui ont des visées sur un tripot clandestin, une distillerie clandestine et une maison close. D'autres "affreux" vont se révéler très intéressés par les affaires du mexicain et s'en prendront directement à Fernand. Les cadavres commencent à pleuvoir…
Outre les répliques d'Audiard, le charme du film réside dans les astuces utilisées pour masquer à Patricia, son fiancé Antoine et au père de ce dernier, la véritable situation.
Combiner le comique truculent de l'argot, et l'ambiance d'un roman noir relèvait de l'impossible. Il a donc fallu prendre quelques libertés avec le livre initial. Si par exemple la succession du mexicain et la lutte avec les Volfoni sont conservés, les personnages de maître Folace, de Patricia et de son fiancé Antoine n'appartiennent qu'au film.
Anecdotes :
- La Gaumont ne croyait pas au succès du film. Pour limiter les risques financiers, elle s’associa avec d’autres maisons de production, ce qui explique la présence d'acteurs allemands et italiens dans le film.
- Audiard trouvait inutile la scène de la cuisine et elle faillit bien ne jamais exister.
- Audiard aurait préféré intituler le film "le terminus des prétentieux", expression que l’on retrouve dans une réplique de Raoul Volfoni : "Il entendra chanter les anges, le gugusse de MONTAUBAN. Je vais le renvoyer tout droit à la maison-mère, au terminus des prétentieux". Ses partenaires le jugèrent trop pompeux et le titre ne fut pas retenu.
- Jean Gabin fut pressenti pour jouer Fernand Naudin mais ses exigences étaient telles qu'Audiard, par ailleurs fâché avec l'acteur, ne donna pas suite et en fut bien soulagé. On pensa alors à Paul Meurisse qui refusa pour des raisons de santé. Il apparaît toutefois en "clin d'œil" quelques secondes dans la scène finale, en hommage au personnage du "monocle"…
Le thème musical est unique. Il est simplement interprété dans différents styles musicaux (orchestral, rock, fox-trot et valse), y compris le fameux piano-banjo à chaque "bourre-pif" distribué par Fernand.
Le film ne fut pas un grand succès à sa sortie (450.000 spectateurs en six mois) Sa réputation s'est accrue au fil des années. Il est passé 15 fois à la télévision en s'est vendu à 250.000 DVD en 2002. La colorisation fut sujette à caution mais reste toujours réversible si on lit l'œuvre en noir et blanc.
Les répliques cultes pour la route :
1) Ecoute, on te connaît pas, mais laisse nous te dire que tu te prépares des nuits blanches, des migraines, des "nervous break-down" comme on dit de nos jours.
2) C'est quand même marrant les évolutions. Quand je l'ai connu "le mexicain", il recrutait pas chez tonton.
- Vous savez ce que c'est… l'âge, l'éloignement. A la fin de sa vie, il s'était penché sur le reclassement des légionnaires.
- Ah ! Si c'est une oeuvre, alors là, c'est autre chose.
3) Patricia , mon petit, je ne voudrais pas te paraître vieux jeu, et encore moins grossier. L'homme de la Pampa est parfois rude et reste toujours courtois, mais la vérité m'oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les briser "menu".
4) Non mais dis-donc, on est quand même pas venu pour beurrer des sandwiches ? Et pourquoi pas ? Au contraire, les tâches ménagères ne sont pas sans noblesse. Surtout parce qu'elles constituent le premier pas vers des négociations fructueuses.
5) Mais il connaît pas Raoul ce mec ! Il va avoir un réveil pénible. J'ai voulu être diplomate à cause de vous tous, éviter que le sang coule, mais maintenant c'est fini. Je vais le travailler en férocité, le faire marcher à coup de lattes. A ma pogne je veux le voir et je vous promets qu'il demandera pardon, et au garde à vous !
La meilleure pour la fin :
6) Non mais t'as déjà vu ça ? En pleine paix, il chante et puis crac : un bourre-pif ! Mais il est complètement fou ce mec, mais moi les dingues, j'les soigne, j'm'en vais lui faire une ordonnance et une sévère. J'vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux quatre coins d'Paris qu'on va l'retrouver éparpillé par petits bouts : façon puzzle. Moi quand on m'en fait trop, j'correctionne plus : j'dynamite, je disperse, j'ventile !
@+ et bonne semaine !