Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !

Vendredi 15 mai 2020
En fait, on n'est pas si déconfinés que ça au final… Je dirais même, si j'osais, qu'on est encore confinés "light" et que la sacro-sauinte liberté de circulation est toujours mise à mal. Qu'a-t-on gagné, en fait ? Peu de chose. Il n'est plus nécessaire de se faire un mot d'excuse pour aller au ravitaillement, mais sinon… pas grand-chose. Les bouchons et les conduites agressives au volant sont revenus, à tel point qu'on penserait presque que c'était mieux pendant le confinement. Certes, la plupart des magasins ont rouvert, mais dans quelles conditions ? Avec une caisse sur deux, avec de la rubalise, il nous faut maintenant franchir une fille d'attente interminable pour rentrer à certaines heures et un "certain temps" pour payer aux caisses de ces magasins où souvent, on ne trouve plus ce qu'on cherche. Je me suis renseigné au magasin de bricolage (l'un de ceux qui a pu rouvrir), n'ayant pas trouvé la moitié de ce dont j'avais besoin. "Nous avons été dévalisés et je ne suis pas en mesure de vous dire quand nous allons être réapprovisionnés et même si nous le serons". Au moins, ça a le mérite d'être clair.
Soi-disant déconfinés, oui mais lorsqu'on joue le jeu, bien souvent, on ne peut toujours pas aller voir la famille ou visiter les amis à plus de 100 km à vol d'oiseau. Une carte informatique a même été établie. Il suffit d'entrer son adresse das le champ idoine pour découvrir un superbe rond tracé au compas en dehors duquel il est interdit de se déplacer… En ce qui me concerne, toujours pas de visites aux parents isolés, pas de visites des enfants, pas de mer, pas de montagne, et… pas de Catalogne !
En fait, à part l'attestation dérogatoire pour aller en ville, qui a été rangée au rang des souvenirs, et la possibilité de faire du vélo pendant lus d'une heure, je ne vois pas trop la différence avec le vrai confinement. Un peu partout, on se masque toujours , on applique les gestes barrière et la distanciation sociale, et c'est bien normal. Rien n'a changé.

Déconfinement progressif, mais il va falloir s'habituer pour longtemps encore, à faire la queue de manière exagérée pour entrer dans des magasins peu ou mal réapprovisionnés. A peu près tous les types de commerces ont rouverts mais quelques-uns d'entre eux ont gardé leur rideau baissé. Ceux-là, qui vivotaient déjà avant, on ne devrait pas les revoir…
Les restaurants aussi, je ne suis pas prêt de les revoir. Le père Etchebest a beau dire ce qu'il veut et lancer ses appels véhéments sur la toile, pour moi (et pour beaucoup d'autres), les restaurants, c'est fini jusqu'à nouvel ordre, et ce, au moins jusqu'à l'année prochaine. Je n'envisage pas une seule seconde d'aller manger avec un masque ou de me cloîtrer avec mes invités derrière un isoloir en plexiglas. Comment vont-faire les cuisiniers, œuvrant souvent dans des cuisines minuscules, devant goûter les plats, etc. ? Comment vont faire les tenanciers, avec l'occupation d'une table sur eux ? Adieu la rentabilité. Etchebest parle de 40% des établissements qui ne survivront pas, certains étant d'ores-et-déjà dans l'impossibilité de rouvrir. Je pense hélas qu'il a raison.
Bon au niveau des magasins, ce n'est pas ça, au niveau des restaurants, hôtels et cafés, c'est la cata, et au niveau des écoles, ce n'est guère mieux.
Pour assurer la "garderie du MEDEF", on a rouvert comme on pouvait. Résultat : le ministre de l'éducation nous annonce 15% des enfants accueillis, les diplômes 2020 ont déjà commencé à être distribués gratuitement et des curieuses photos circulent sur les réseaux sociaux. On y voit nos chères têtes blondes (ou brunes) parqués dans des carrés tracés au sol, ou des bambins assignés à se tenir sur une croix tracée à la peinture fluo. Affligeant.

Autour de moi (enfin de la part des personnes qui ont mis fin à leur confinement), j'entends dire les gens qu'ils ne vont pas vraiment se déconfiner", que telle maman "ne remettra pas son fils à l'école, ni en crèche". Beaucoup invoquent la "responsabilité collective" et ne veulent pas faire circuler davantage le coronavirus. Au nom de ces deux raisons, certains avancent qu'il y va de leur responsabilité et ne mettent pas en avant le besoin impérieux de se retirer du confinement. C'est un comble, mais les parents ayant pris cette décision sont plus nombreux qu'on ne pourrait le penser. Ils ont pris cette décision en toute conscience, comprenant cependant que d'autres enfants ont besoin de sortir, soit parce qu'ils n'arrivent pas à faire l'école chez eux, soit parce que les parents doivent retourner au travail.
D'autres ne veulent pas se "déconfiner trop vite" à cause de la deuxième vague "dont on ne sait pas si elle va arriver". Au cas où il faudrait s'en protéger, ils ont décidé de prendre sur eux et d'attendre un peu. C'est peut-être un peu excessif.
En ce qui me concerne, j'ai vraiment envie qu'on se déconfine pour de vrai, même s'il sera important de voir l’état de santé général à la sortie de cette crise et à l’avenir, et même si jusqu'ici, tout va bien…