Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
J+43. Mardi 28 avril - (13 au jus). Jusqu'ici tout va bien…
Et bien, ça promet… Le premier sinistre n'a pas encore parlé devant l'assemblée nationale (75 GO seulement), le confinement n'est même pas encore fini qu'on annonce déjà la seconde vague d'après confinement (pour fin mai) et peut-être même la déferlante de septembre…
Si je décide de mettre fin à mes jours, rappelez-moi de me pendre avec une corde élastique. Ainsi, je serai certain de réussir si la strangulation ne fonctionne pas, il me restera toujours de multiples fractures du crane. Non, là je plaisante…
Vais-je bien saisir les propos du grand schtroumph ? Ce n'est pas sur, étant mal-comprenant des princes qui nous gouvernent. Par chance, je sais pouvoir compter sur les analystes politiques des chaines d'info, les savants de fête foraine, les prédicateurs du même métal et les experts en tout. Même si je ne comprend rien, ils m'expliqueront avec la fatuité des ignorants institués, en me projetant dans un futur plus ou moins rigolo, mais ainsi je saurai ce que je dois penser. Merci, merci ! (Non, là je plaisante encore)…
Je me demande parfois s'ils auraient raison dans leurs prévisions apocalyptiques sur la fin du confinement, sur l’économie, sur l’écologie, sur le retour de la peste noire, sur l'holocauste nucléaire, sur la disparition de Kim-Jong-Un, et même sur le prochain tour de chant d'Arielle Dombasle et l'arrivée des martiens ?
Si les jours et les semaines s'écoulent sous la menace de la grande faucheuse, le virus mortel et invisible n'est-il pas suffisamment inquiétant pour ne pas céder à la tentation de la noyade mentale intégrale ? Il faut croire que non. Ces cuistres accélèrent donc la manœuvre, en appuyant bien là où ça fait mal. Vous respirez encore ? Attendez un peu : nous allons tous mourir, et peut-être même avant de sortir du confinement, tout le monde va perdre son boulot, la misère va régner sur terre et le furoncle de tata Odette va muter en cancer, pendant que nous bosserons tous pour rien ou presque, dans une époque où personne ne se souviendra plus comment c'était quand on se faisait la bise, qu'on allait au restaurant ou qu'on prenait des vacances. À part ça, je trouve que le confinement ne joue pas trop sur la santé mentale.
Etant encore provisoirement vivant, je me pose une question existentielle. Est-il nécessaire de s'habiller correctement ? A quoi bon ?
À la va-vite, je me suis saisi ce matin de n'importe quoi et peu avant midi, j’irai me traîner sous la douche et choisirai ensuite (peut-être) des vêtements pour passer la journée. Ou pas. Et dans une semaine ? Et dans deux autres encore, quand la monotonie sera là ? S’habiller est un acte social car le vêtement est vecteur de dignité. Est-ce bien nécessaire en cas de confinement ? A quoi sert l’élégance si personne n’est là pour la voir ? Si s’habiller est vraiment un acte social, alors pourquoi encore le faire dans ce contexte ?
Le style est peut-être mort dès lors que nous nous sommes tous cloîtrés chez nous. Peut-être peut-il revivre quand nous nous postons au balcon en applaudissant ou en tapant sur des gamelles dans l’espoir d’être vu et entendu. Si un jeu de séduction se met en place avec le voisin ou la voisine d’en face, le style pourra-t-il être maintenu en vie ? Rien n'est moins sur.
Je me demande donc si mes contemporains ont délaissé les bracelets, les montres, les tissus élégants, s'ils ne se rasent ni ne se peignent plus ? Allez savoir. Je continue à faire un effort mais jusqu'à quand ?
Ayant renoncé aux chaussures depuis le début du confinement, le concept des pieds nus n'est-il pas déjà un début de capitulation ? Si l’habillement est un langage, comment s’exprime-t-il ? Si l’artistique passe par l’élégance et la manière d’arranger ses vêtements, sont-ils autre chose qu’une couche protectrice entre soi et les éléments extérieurs ?

Sans l’élégance, nous allons finir tentés de nous rapprocher du règne animal, où nous serons une proie facile pour le mauvais goût. Personne ne souhaite ressemblé à un rebut dessiné par le regretté Reiser ? Dans le contexte que nous vivons tous, je m’y refuse. Pour les derniers jours de confinement, et bien sur après, il conviendra de miser sur plus d’élégance, plus de style et de culture. Sur ce, après avoir terminé mon billet quotidien, je vais me doucher, me raser et m’habiller. Ou pas. Parce que jusqu'ici, tout va bien…