Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
J+42. Lundi 27 avril - (14 au jus). Jusqu'ici tout va bien…
La France est toujours à l'arrêt et nous continuons à subir cette situation totalement inédite, un peu comme si nous étions sous cloche. Pour le télétravailleur confiné, rien ne serait possible sans Internet. Bonne nouvelle puisque pas de nouvelles : aujourd'hui, comme tous les autres jours, c'est encore un jour sans courrier. Pour m'informer, je n'ai que Google Actualités, les plate-formes numériques, et… BFM ! Ooops… Par rapport à la presse classique, ça n’a pas la même saveur, vraiment pas. En ce qui concerne la télévision, j'ai décidé de boycotter Salomon, Barbier, Lechypre et tous les professeurs divers qui se succèdent sur mon petit écran. Et vous savez quoi ? Je ne m'en porte que mieux…
Après la sacrosainte lecture des actus (souvent juste les titres et le résumé) du matin sur Google Actualités, je m'installe dans le fauteuil directorial et au boulot. Comme des millions de Français, je suis en télétravail, mais pour moi c'est plus que cool car je n'ai pas d'autre objectif que la date de bouclage de la revue. Dans les deux semaines qui précèdent l'envoi à l'imprimeur, mon bureau devient ma maison et je vis dans mon fauteuil confortable. La chaise du visiteur reste, quant à elle, désespérément vide en ces temps confinés… J'en suis tout déconfit.
Toutefois, un bureau calme au sous-sol, c'est mieux qu'une pièce hall de gare. Ma femme n'y vient quasiment pas et aucun enfant ne vient m'y ramener ses jouets. J'ai assez des miens. Je ne suis d'ailleurs pas sur que ma camarade de jeux soit curieuse au point d'en savoir plus sur les détails de ce que je fais, ni qu'elle sache vraiment ce qu'est un rédac-chef. Je lui répondrais que mon job (bénévole) est d’écrire des articles et de monter la revue bimensuelle de notre club de passionnés. C'est cool, les "conf-call" sont conviviales, puisqu'avec uniquement des amis. Pour l'instant, la prochaine revue étant chez l'imprimeur, j'ai repris le télétravail perso et je suis mon propre boss pour un autre job, alors…
Seul l'atelier qui jouxte mon bureau me rappelle que nous sommes confinés. Il est désert, les véhicules sont immobiles et muets et même le portail d'accès est fermé à double tour. Quant au bâtiment de stockage des pièces et l'atelier avec la fosse, je n'y suis pas allé depuis plusieurs jours. A part du nettoyage, je n'ai pas grand-chose à y faire.

Dans ces conditions, c’est parfois difficile, d’avoir la concentration nécessaire pour travailler. Heureusement, le réseau Internet ne plante pas malgré le bond impressionnant du trafic de données. Attention toutefois de ne pas (trop) s'égarer de temps en temps sur les réseaux sociaux. La fibre obtenue l'an dernier me sauve vraiment la vie. J'en fais même profiter les voisins par le Wi-Fi (des parisiens venus s'occuper de leurs vieux parents vers le 15 mars… et coincés en confination depuis).
Le seul bémol réside sur les courses en ligne… la belle affaire! C'est bien joli, mais si je souhaite un drive ou me faire livrer à domicile, c'est pour m'apercevoir que les serveurs des commerçants ont parfois du mal à encaisser la surcharge de connexions. Quand j'y arrive enfin, c’est pour apprendre qu’il n’y a pas un créneau de libre avant une semaine ou que la moitié des produits de ma commande ne sont pas disponibles.
J'aurais peut-être du faire comme tous ces gens qui se sont rués dans les supermarchés pour acheter des monceaux de pâtes et de papier toilette (non, je plaisante). On m’aurait taxé de guignol mais, au moins, j’aurais une bonne réserve. Bah, ce n'est pas dramatique, j'arrive à ne faire les courses à la supérette la plus proche que tous les 8/9 jours. Il manque pas mal de produits, mais on trouve toujours autre chose. Tant pis pour la farine, les œufs, les pâtes et les surgelés, tant mieux pour les gérants car les prix ont subi une sacrée augmentation.
Je n'ai même pas envie de faire un "coronapéro" 2.0 qui consiste à boire un verre avec les copains en visioconférence. Merci Skype et Messenger qui nous permettent d’entretenir le savoir-vivre français, même en temps de confinement. Toutefois, je ne m'en sers qu'avec la famille proche (et sans le gorgeon). Pour les autres et pour les amis, il reste le téléphone, fort sollicité. Je vide souvent la batterie de mon portable, ces-temps-ci…
En attendant, il est 20 heures. C’est le moment de sacrifier à un autre rituel : applaudir le personnel soignant et faire du bruit à la fenêtre. Au risque de me faire critiquer, je ne sacrifie pas à la tendance actuelle car je n'ai pas besoin d'applaudir et de taper sur des casseroles pour manifester le respect que j'ai envers ces héros du quotidien. En plus, je suis en zone rurale, un peu isolé, alors gueuler et faire du bruit tout seul ne serait peut-être pas une manifestation de grande intelligence. Ceci dit, pendant que des millions de français vivent sous cloche, ceux de première ligne montent au front pour sauver des vies et sauver la France de la pandémie et du blocage. Merci à eux. Dire que demain, après-demain... on remet ça pendant encore 14 jours, ce qui n'est pas si terrible, car jusqu'ici, tout va bien…