Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
J+35. Lundi 20 avril - (21 au jus). Jusqu'ici tout va bien…
Hier, j'ai passé ma journée dans le jardin, à arracher de l'herbe et des racines, et à promener des seaux de terre et de cailloux. Je me suis dit que ça valait bien les sites dédiés au conarovirus, avec force graphiques et courbes inquiétantes, et que ça valait bien aussi les chaînes d'info, style BFM ou C-News avec leurs spécialistes de tout, et les professeurs issus des milieux autorisés ou pas… Bref, j'ai recentré les activités sur l'utile et le physique, ce qui n'était pas plus mal. Après une nuit réparatrice, j'ai quand même, ce matin, allumé Twitter… et je suis tombé par terre (virtuellement).
La première chose que m'a affiché l'écran est le tweet (gazouillis en français) d'un député, donc un élu de la République au service du peuple, qui insultait l'ensemble des abonnés. Je crois que c'est inédit. Après qu'il ait commis une toute récente usurpation d'identité du président de la République, suivie d'une déclaration de vol de son téléphone soi-disant retrouvé dans l'assemblée nationale, ce triste sire discute aujourd'hui sur la toile avec son ami imaginaire et insulte le peuple français (!).

Je vais peut-être dire une c….rie, mais n'existe-t-il pas une procédure de destitution ou d'enquête, à initier en cas de troubles mentaux (volontaires ou non) présentés par une personne siégeant à l'assemblée nationale, ou au moins la reprise de sa charge par le suppléant ? Certes, dans son cas, il s'agit d'une ancienne actrice octogénaire qui a sans nul doute mieux à faire que d'aller siéger au palais Bourbon pour pallier les dérapages d'un troll, dans une circonscription sise à l'étranger… Ce n'est pas facile mais dans l'attente, notre pays et ce genre de personnage sont la risée de l'Europe et du monde.
Ceci dit, nous n'avons pas l'apanage des fous et vous vous souvenez sans doute de ma chronique sur le sulfureux roi de Thaïlande. C'est maintenant sa fille qui fait parler d'elle. La ravissante princesse Sirivannavari Nariratana, 32 ans, est une créatrice de mode reconnue dans son pays, où elle a déposé son nom et donc sa marque. Comme elle ne perd pas le nord, bien que ne possédant aucune formation médicale ou scientifique, elle a lancé un gel alcoolique de nettoyage, parfumé, rose et bien sûr hors de prix. Ses sujets y voient juste une promotion de sa marque en se servant de la pandémie. On serait enclin à les croire, la photo de la production du "laboratoire" ne montrant qu'une cinquantaine de bouteilles roses. La princesse n'hésite pourtant pas à poser en tenue de médecin, avec masque et blouse, aux cotés de son chien qui porte une coiffe d'infirmière. Cela pourrait choquer si on ne savait pas que c'est elle qui a offert à son père son chien fétiche, élevé par lui au rang de maréchal. Quelle famille !
Plus sérieusement, ces dérangés mis à part, il faudra bien, un jour, songer à "l'après". Le gouvernement qui semble naviguer à vue devra bien gérer les suites de cette crise sanitaire, ainsi que les suites économiques et sociales, même si pour l'instant, nous devons nous contenter de dessins dans le brouillard le plus complet. Le pays n'est que l'ombre de lui-même, les banlieues explosent, les hôpitaux sont toujours saturés et les morts se comptent toujours par milliers, malgré une France à l'arrêt et un confinement inédit.
Dans un palais de l'Elysée aujourd'hui confiné comme le reste du pays, tout le monde : les "experts", les alliés politiques, les compagnons de route, les élus, les scientifiques et parfois même les adversaires, tous sont sondés. J'espère que nombreux sont ceux qui font remonter les notes du terrain à l'exécutif. Le conarovirus a arrêté la France et mis son quinquennat par terre. Le déconfinement s'annonce déjà périlleux dans un contexte où il n'existe encore ni traitement, ni vaccin, contre une épidémie qui peut repartir du jour au lendemain. Nous devrons traverser, en sus, une dépression économique sans précédent et anticiper une crise sociale qui s'annonce forte, mais jusqu'ici, tout va bien…