Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
Dans l'éclairage du passage à niveau surgissent une BB 15011 et ses 38 wagons de marchandises, lancés à 103 km/h, sur la voie ferrée Paris - Strasbourg. C'est le choc. La voiture monte à 30 mètres de haut, et elle est projetée 50 mètres plus loin.
La locomotive déraille, percute le pont qui s'effondre. Les wagons tombent les uns après les autres dans le canal de la Marne au Rhin. Après l'apocalypse, un silence assourdissant se fait sur les lieux.
Ce jeudi 18 mars 1976, Gérard Gasson, 26 ans, avait passé la soirée chez des amis devant le match de foot télévisé de St Etienne. Ils avaient bu une bouteille et demie de vin à cinq.
Vers 02h00, Gérard rentre chez lui au volant de sa vieille Citroën traction noire. L'auto avait un pneu arrière lisse et un pneu clouté à l'avant. Erreur fatale.
A 02h30, à BAR LE DUC, Gérard Gasson aborde un virage avant le passage à niveau de la ligne PARIS-STRASBOURG. Il ne prendra jamais ce virage et sa voiture s'immobilisera sur les rails sans pouvoir ni avancer ni reculer.
Gérard se précipite sur le téléphone de secours. Allo, ici poste 110, et c'est l'inévitable : un train passe toutes les trois minutes. Le machiniste et son mécano s'en tireront avec des côtes cassées et un bras dans le plâtre.
L'alcootest est positif, mais la prise de sang ne révélera que 0,60 g d'alcool, taux légal à l'époque. Gérard a vu ses ennuis commencer. Au niveau pénal, on lui a reproché le pneu lisse, une entrave à la circulation sur voie ferrée, un défaut de maîtrise du véhicule et les blessures involontaires causées aux agents SNCF.
Outre un retrait du permis de conduire immédiat et une interdiction de quitter le département, Gérard Gasson a dû verser une caution de 5000 francs de l'époque.
Personne n'a été tué, mais on a longtemps parlé du bilan matériel : (3 milliards de centimes de l'époque) soit environ 19 millions d'euros en données actualisées, euros + inflation). Gérard était assuré à la MAIF. Heureux, les gars…
A Bar-le-Duc, on fait les comptes ! la SNCF a vu s'engloutir dans le canal, une locomotive de 4 millions de francs (2,5 M€ actualisés), 21 wagons d'une valeur de 150.000 francs pièce (95.000 € actualisés), plus le prix des marchandises transportées.
A ces pertes s'ajoutent les frais annexes : le dégagement du train, la réfection de la voie et du pont, la déviation du trafic ferroviaire, l'arrêt de la navigation fluviale. Même la société de pêche à la ligne de Bar-le-Duc a réclamé 2000 francs (1300 € actualisés) de dommages et intérêts pour les 100 kg de goujons morts d'avoir absorbé trop de bière et de potage (transportés dans les wagons).
Gérard Gasson payait 465 francs de l'époque d'assurance pour l'assurance de sa voiture. Il n'aurait pas eu assez de toute sa vie pour payer les dégâts. Il a aujourd'hui 63 ans mais la traction n'a pas survécu.
Ceci est l'histoire authentique de l'accident matériel de la circulation le plus cher de l'histoire automobile. Aujourd'hui la MAIF existe toujours car au-delà d'un certain montant, les assureurs sont eux-mêmes réassurés auprès de grands groupes internationaux.
Le reccord du préjudice financier est à ce jour, toujours imbattu ! Souhaitons qu'il le reste à jamais...
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