Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
Nous sommes à MONTCUQ (Lot), petit village Quercynois de 1300 habitants. Notez qu'on prononce "MONCUQUE".
Le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de CAHORS pensait bien faire en retirant des vieux véhicules de la circulation et en livrant au centre de secours de la commune un camion de pompiers flambant neuf.
Hélas, ce camion est trop grand pour les ruelles du village. Montcuq est un bourg médiéval aux ruelles sinueuses et étroites. Le véhicule neuf est long de 7,70 m. large de 2,55 m., haut de 3,40 m. Ce beau camion dispose d'une réserve de 3 000 litres d'eau et peut embarquer six soldats du feu. Il possède deux dévidoirs de 200 m de tuyaux et des appareils respiratoires isolants.
C'est un camion-citerne rural mixte, dont la principale mission consiste à circonscrire les feux urbains et les feux de broussailles. Le hic c'est que ce mastodonte n'est guère adapté au milieu rural de cette commune aux rues étroites.
De plus, les pompiers déplorent la capacité totale qui passe de 17 m3 à seulement 3 m3. Cela signifie que trois interventions simultanées étaient possibles auparavant, contre une seule aujourd'hui, si toutefois le véhicule n'est pas parti en renfort sur un autre secteur.
Certes, c'est un fleuron de la technologie moderne, capable de lutter contre les feux de forêt comme les incendies urbains. Il est à espérer une absence d'incendie dans certains quartiers, le véhicule ne pouvant passer. Il faudra donc laisser le camion un peu plus loin et dérouler des tuyaux… Pratique !
Le maire de Montcuq confirme les doléances des pompiers, qui sont pour la plupart bénévoles, mais savent de quoi ils parlent. Au centre opérationnel départemental incendie du Lot, on parle d'objectif de rationalisation.
Si l'arrivée d'un tel camion permet de retirer les véhicules anciens et plus petits, le premier magistrat de la commune fait remarquer qu'à 250.000 euros le camion, c'est une rationalisation qui coûte cher, surtout pour un camion pour un camion qui pourrait rester à l'arrêt.
Dans les années 70, le village de Montcuq est devenu célèbre suite à un reportage de Daniel Prévost pour le "Petit rapporteur", émission satirique de Jacques Martin, et la séquence a été maintes fois rediffusée à la télévision.
Dans le même esprit, on pourrait ainsi imaginer le compte-rendu du chef de centre au SDIS : Après plusieurs essais collectifs, et malgré ma bonne volonté, j'ai fait plusieurs fois le tour de Montcuq avec mes hommes et je peux vous certifier que çà ne passe pas !
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