Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
Ne prononcez pas à la française ! Osez le "putsch-cerda". Puigcerdà est la "capitale" où converge toute la Cerdagne (France et Espagne) pour s’éclater en faisant les courses (on dit "firar-se").
Puigcerdà était la ville principale de Catalogne au Moyen âge, marquée du sceau du Traité des Pyrénées en 1659, Puigcerdà en a conservé les traces. Le long de la N-152, le point d’information "I Cat" propose aux visiteurs une immersion audiovisuelle géographico-politique au cœur de la Catalogne. Ce film d’animation montre tout ce que vous avez voulu savoir sur la Catalogne sans jamais le saisir réellement.
Mais attaquez (pacifiquement) Puigcerdà. Ignorez les itinéraires touristiques des prospectus et prenez l’ascenseur. Il est suspendu à flanc de cité et on y accède par une passerelle vitrée du plus bel effet qui flotte à plus de 1200 mètres au-dessus de la gare et de la plaine. C’est par là que les autochtones "montent à la "vila".
Mur d'eau à une station d'ascenseur
Vous arrivez place de la mairie (ancien couvent de Santa Clara), et belvédère de la cerdagne. C'est un lieu tellement singulier que le poète Catalan Joan Maragall en parle comme "le grand balcon de la muraille" dans son poème "A muntanya". Parallèle à l’ascenseur, un escalier serpente entre les maisons.
Casa de la Vila (ancien couvent)
Retenons donc une idée de montée pour approcher Puigcerdà et montons vers la place Santa Maria d’où se détache, solitaire, le "campanar" (la Senyera, le drapeau Catalan, y culmine à 1238 m.).
Senyera sur le clocher de Sta Marta
C'est un clocher gothique, reste de l’ancienne église détruite en 1936. L'ensemble est composé de 4 piliers rectangulaires de granit, une tour octogonale et une terrasse panoramique (accessible seulement durant l'été). Sur la place (rendue récemment piétonne), se trouvent une enfilade de cafés et de commerces aux façades chamarrées. Ici bat le pouls de la ville.
Esglesia Santa Marta
A deux pas, se trouve le Casino Ceretà, construit en 1893, détruit par un incendie en 1904, et reconstruit en 1908. A l’intérieur, on admire son grand luminaire à bras, style salle de bal. C'est aujourd'hui un restaurant et un bar de luxe tenu par le fils du maire de Llivià (cf. article précédent) où on déguste une bière brassée à l'ancienne à l'eau de source, avec des splendides machines de cuivre.
Puigcerdà possède un Casino magnifique et l’étang est entouré de somptueuses maisons car malgré son éloignement de Barcelone, la Cerdagne bénéficie des bienfaits de son climat d’altitude.
La bourgeoisie barcelonaise ne s’y est pas trompée et depuis la fin du XIXe siècle, la Cerdagne, avec Puigcerdà, Alp, Bellver et La Molina sont des lieux de villégiature pour les Barcelonais aisés. Ils furent les pionniers du tourisme Cerdan, car la Catalogne, ce n'est pas que le bord de mer (Costa Brava) ni la campagne (Empordà et Garrotxa), mais aussi la montagne (Cerdanya), objet de cet article.
La statue de l'alpi et la Senyera qui flotte.
La légende du Lac.
Dans la ville, on trouve un superbe plan d’eau de forme hexagonale. La fête centenaire du Lac de Puigcerdà rappelle la légende de la vielle dame du lac, une nonagénaire qui vivait dans la rue des Ferrers. Vêtue d'un jupon et d'une capuche, elle incarnait les vertus de la femme cerdane typique. Amoureuse de sa terre, du lac et de la vieille ville, elle parcourait les rues et s'intéressait aux voisins. On raconte qu'après avoir partagé une journée de joie, elle est partie en bateau vers un palais fantastique au fond de l'eau où l'attendaient les fées du lac du Lanos. Une autre version raconte que la petite vieille vivait dans une maison engloutie au milieu du lac. Elle reviendrait chaque année en août pour visiter son ancienne demeure. (Je me suis souvent promené autour de "l'estany" mais je ne l'ai jamais vue…
Le célèbre écrivain Carlos Ruiz Zafon, a puisé son inspiration dans l’univers de Puigcerdà. Grâce à lui, Puigcerdà, ses cieux si bleus et ses eaux glacées sont entrés dans le patrimoine littéraire mondial ! Les touristes de l’époque ont laissé la place à un tourisme plus axé vers les joies de la neige et des sports d'hiver (bien que personnellement je préfère Puigcerdà, le Puigmal et ses 2900 m. et la Cerdagne en été car on s'y amuse et on y mange aussi très bien).
Amateurs de cuisine Catalane, vous gouterez à Puigcerdà un authentique et classique "Trinxat" Cerdan, c'est un plat à base de pommes de terre, de lard maigre et de chou qui doit être cueilli quand il a été "touché par le froid". C'est unique... et calorique.
Avant de quitter Puigcerdà, passez au marché du samedi matin et remplissez votre cabas de poires de Cerdagne, de navets de TALLTENDRE, de pommes de terre Catalanes (trumfes), de miel de montagne, et de fromage de chèvre de LLES DE CERDANYA. Monsieur Jordi TABOADA, roi de la charcuterie Cerdane, vous porposera le meilleur boudin blanc (butifarra), le meilleur fouet (fuet Català) et le meilleur pâté de foie (pa de fetges) de ce coté-là des Pyrénées.
Puigcerdà est trop souvent réduite à sa vie nocturne et ses magasins de meubles et c'est dommage.
De Puigcerdà, nous retiendrons ce toponyme latin : "Podium Ceretani", qui signifie "mont des Cérétans", c’est-à-dire des anciens habitants de Ceretanya devenue Cerdanya, partie intégrante de la Catalogne. A une encâblure de Bourg-Madame (66), tout près d'Andorre et touchant Llivià, ce serait dommage de rater Puigcerda si vous prochaine vacances vous amènent dans les Pyrénées-Orientales ou sur la Costa Brava...
Visca Catalunya per sempre !