Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
Tout a été dit ou presque par les journalistes sur la disparition récente de monsieur Stéphane Hessel. Son décès a malheureusement été l'occasion d'un nouvel accès de frénésie moutonnière pour graver dans le marbre une légende sans fondement et trop facilement acceptée. Quasiment tous ont aveuglément évoqué son rôle comme coauteur de la "Déclaration des droits de l'homme".
Le souci, c'est que c'est faux. Peut-être pas auteur, concède-t-on parfois, mais au moins contributeur ou collaborateur. Non. Même pas.
La réalité : Pendant son séjour aux nations unies, de 1946 à 1948, Stéphane Hessel n'a pris aucune part à la rédaction de la fameuse déclaration. Ce pourrait être anecdotique si cette légende n'était pas devenue au fil des années un éléments constitutif de sa célébrité et de la vénération qui a entouré la fin de sa vie.
Il est nécessaire de rétablir la vérité malgré la sympathie que suscitait le personnage. Ce qui est en cause le dépasse. Les médias, comme ils savent si bien le faire, imposent à l'opinion publique une vision illusoire de l'histoire.
Pourtant, tout le monde peut aujourd'hui accéder par Internet à l'ensemble des documents officiels sur la genèse de la déclaration universelle des droits de l'homme, son comité de rédaction, ses débats et son adoption.
Force est de constater qu'aucun document de l'époque ne mentionne le nom de Stéphane Hessel, car il est alors un modeste chef de cabinet de l'un des 8 secrétaires adjoints de l'ONU, monsieur Henri Laugier, chargé des affaires économiques et sociales, qui ne faisait pas partie du comité de rédaction.
Malgré ce qu'on a dit partout, Stéphane Hessel n'a jamais siégé aux réunions du comité. Comment et quand est née cette légende ? Y a-t-il lui-même contribué ? Il est encore difficile de le déterminer avec précision, mais je ne le crois pas.
Interrogé le 10/12/2008 sur le site de l'ONU, il a déclaré qu'il assistait aux séances du comité et qu'il écoutait ce qui se disait. Bref, autrement dit, témoin mais pas acteur, ce qu'il a confirmé le 3 janvier 2011, dans un autre entretien.
Stéphane Hessel lui-même a qualifié "d'idées fausses" qu'il aurait fait partie du comité national de la résistance et les mentions lui accordant le rôle de corédacteur de la déclaration universelle des droits de l'homme.
Ces deux interview sont disponibles sur le Net, tout comme un entretien de 2012 par la revue Texto, où il récuse une fois de plus ce titre de coauteur de la déclaration. Tout les journalistes ont pu les lire, mais personne n'en a tenu compte.
Malgré toute la sympathie que l'on peut éprouver envers ce grand monsieur, une fois de plus, les médias nous ont raconté des calembredaines.
Ce n'était peut être qu'un désir d'enjoliver la réalité et d'arranger l'Histoire en glorifiant ce formidable personnage, mais à force qu'on nous prenne pour des idiots, je suis indigné !
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