Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
La jeune femme blonde qui incarnait Ingrid dans le célèbre sketch des inconnus "Tournez Ménages", a perdu son procès contre le producteur Paul Lederman, se voyant refuser par la justice la reconnaissance du statut d'artiste-interprète.
Dans ce sketch de 1990, devenu culte, la jeune femme, prénommée en fait Marianne, donnait la réplique au célèbre trio, messieurs Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus.
Marianne incarnait la jeune femme blonde apostrophée vertement par Jean-Pierre (Didier Bourdon), chemise à carreaux et lunettes à triple foyer grossissantes, par un brutal : "Ingrid, est-ce-que tu baises ?".
Elle n'était pas comédienne, mais mannequin, et avait signé deux CDD en tant qu'artiste de complément (et non pas artiste-interprète). Elle avait cédé ses droits à titre exclusif à la chaine de télé, en contrepartie d'un chèque de 7.725 francs bruts (un peu plus de 1.177 euros).
En 2011, elle avait assigné devant le TGI de Paris, la société de productions Paul Lederman, qui avait ré-édité la vidéo en 2003 et 2008. Elle avait demandé des dommages et intérêts et la désignation d'un expert.
Le tribunal a tranché autrement. Dans son "apparition brève et neutre" (18 secondes de parole), la jeune femme aurait essentiellement servi de faire-valoir aux trois comiques.
Contrairement à ce qu'elle affirme, aucune réplique, ni aucune de ses phrases, ni mimiques, ni gestes ne sont particulièrement notables. Son interprétation est qualifiée de monotone et sans relief. La chaîne de télévision n'avait pas fait appel à une comédienne de métier, mais à un mannequin.
Son personnage aurait donc pu être joué par n'importe quelle autre jeune femme blonde sans que cela altère ou modifie en quoi que ce soit le sketch.
A noter que le président qui a rendu ce jugement était le juge Eric Halphen, qui nous a habitués à plus consistant. Il a jugé la demande irrecevable. Célèbre pour avoir instruit l'affaire des HLM de PARIS en 1994, il a été mis en disponibilité en 2002. Réintégré en 2007, il est depuis affecté à la 3e chambre du TGI de PARIS, chargée des questions de propriété intellectuelle, un poste jugé moins "sensible".