Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
Madame X l'a dit dans un de ses commentaires : En Catalogne, on passe son temps à faire la fête, et le carnaval "Ganxó" de Sant Feliu de Guixols était un peu tôt dans la saison.
C'est tout à fait vrai et je vais vous faire un gros narticle de ce que je vais développer sur les fêtes Catalanes en 2011. Pour ne pas vous assommer, j'ai scindé en plusieurs chapitres.
Le premier sera consacré aux fêtes de début février puis à tous les carnavals Catalans du Mardi-Gras.
Ici, on ne dort pas ! Vous êtes venus en Catalogne pour le soleil, alors une surprise vous attend : la nuit.
La vie nocturne Catalane et plus généralement Espagnole est l'une des plus développées d'Europe. La rue appartient aux noctambules.
Tous les prétextes sont bons en Catalogne Sud, pour organiser une fête. En effet, non seulement tous les saints y passent, mais aussi les escargots, les ânes, les récoltes, et les taureaux !
L'origine de ces fêtes est avant tout religieuse, mais elle est souvent bien lointaine et bien perdue. Le catholicisme, au fil des siècles, a en effet récupéré la totalité des fêtes païennes, d'où bien souvent ce curieux mélange dont je vous ai déja parlé.
- Le 6 janvier : Contrairement aux mouflets "Gabaches" (Gavatxès)qui reçoivent leurs joujoux à Noël, c'est le jour de l'épiphanie (dia dels Reis) que les enfants (nins) Catalans reçoivent leurs cadeaux. Je vous en ai déja parlé récemment. Des "rois mages" arpentent les rues lors d'une cavalcade et lancent des bonbons à la foule.
- Le 6 février, fête de Saint Antoine le grand (Sant Antoni Abat) avec cavalcade, carnaval et bénédiction des animaux dans l'église et sur le parvis. C'est l'objet de mon article précédent et je n'y reviendrai donc pas.
- La Catalogne Nord ne donne pas sa part au chien (el gos) et si vous passez par Prats-de-Mollo, St Laurent de Cerdans ou Arles sur Tech (66) le 27 février, vous pourrez participer mesdames, ou regarder messieurs, la fête de l'Ours (Diada de l'os).
C'est une fête étrange dont je ne connais pas exactement l'origine, mais qui remonterait au moyen âge. Ce serait une histoire de bergère sauvée jadis des griffes de l'ours, par un bucheron ou autre mâle du même tonneau, mais je n'en sais pas plus.
Bref, des jeunes du village jouent les ours, habillés de peaux de mouton cousues et ils s'enduisent les bras, les mains et le visage d'un mélange peu ragoûtant de suie et de graisse. Ils dévalent alors les rues en hurlant et ne trouvent rien de plus intellectuel que de barbouiller toutes les femmes qu'ils rencontrent. Evidemment les chasseurs mettent le holà et tirent des coups de feu (en l'air). Il arrive parfois aux "ours" de tomber et on les ranime avec des rasades de pinard.
Comme tout finit bien en Catalogne, les pseudos "ours" finissent par être capturés et les dames peuvent alors aller se laver. Intellectuel, non ?
Le carnaval de Mardi-Gras s'étale sur une semaine dans différentes villes et villages Catalans.
On défile derrière le roi du carnaval : "Carnestoltes", et c'est aussi la fête de Santa Eulàlia, la sainte patronne de Barcelone.
Les excès carnavalesque vous laisseront de merveilleux souvenirs, genre quelques centimètres autour de la taille.
Attachez vos ceintures pendant que vous le pouvez car Carnaval, c'est l'opposé du Carême... à tous points de vue...
Carnaval de SITGES (le plus gay).
A Sitgès, c'est richesse des costumes, maquillages outranciers, habits chamarrés et toujours un peu coquins. On aime être gai de façon gay, sans l'être forcément mais en restant toujours gai (vous suivez ?)
Des scènes invraisemblables s'offriront à vos yeux avec le sens inné de la fête et de l'insensé au son de musiques sucrées venues d'anciennes colonies perdues.
C'est le plus kitsch et extravagant des carnavals Catalans. Ici, Carnestoltes, le souverain éphémère, prend possession de la ville jusqu'à l'enterrement de sa vie de (mauvais) garçon.
C'est en fait une transgression festive de l'ordre établi. Il y a aussi une "reine", très "glamour" et la fête finit avec l'enterrement du Roi.
Carnaval de Vilanova (le plus sucré).
Mardi-Gras est une fête mobile qui ne dépend pas du carême mais du cycle lunaire. Le calcul est très compliqué, mais ce devrait être le 22 février, cette année.
Des carnavals catalans, celui de Vilanova est le plus sucré. Bandes rivales s'y affrontent à coup de bonbons et de dragées. Ce carnaval marin est pétri de sucre.
C'est la seule manifestation Catalane qui n'a pas été interdite sous la dictature de Franco. Le carnaval à la catalane fait l'objet d'une mesure de protection et la Generalitat de Catalunya l'a déclaré d'intérêt national.
Allez-y en groupe, le Carnaval de Vilanova i la Geltru n'aime pas les solitaires.
Carnaval de Solsona (le plus bestial).
Ici, l'élément incontournable reste la pendaison de l'âne. La mort de l'âne n'est ni triste ni barbare, bien au contraire. Les Solsonais affichent leur attachement à l'animal emblématique de la Catalogne. Surnommés les "mata rucs" (tueurs d'ânes), les habitant du Solsonès font la fête en mémoire d'un Solsonais qui avait eu, il y a fort longtemps, l'idée de génie de faire monter un âne au moyen d'une corde autour du cou, en guise de désherbant vorace.
L'âne périt bien évidemment dans l'opération et des siècles plus tard, l'émotion est toujours intacte.
On commence la fête au cri de l'âne puis par la pendaison au clocher (d'un âne factice bien sur). La pauvre bête se relâche et se met alors à pisser sur la foule. C'est con, mais c'est marrant.
Carnaval de Roses (le plus Brésilien).
Il daterait de la construction de la citadelle de Rosas (5000 ans). On en a retrouvé une trace formelle en l'an 1780. C'est l'un des plus importants de toute l'Espagne, avec ses 70.000 participants.
C'est le Brésil en Catalogne (Alt Emporda) et on y lit le testament du roi Carnaval : Carnestoltes le Catalan, qui déshérite tous les fêtards foireux avant de disparaître.
Le "roi" recommande donc d'aborder le Carême avec dévotion. Le texte du testament est devenu au fil des années, une satyre où tout le monde en prend pour son grade, politiques et célébrités... C'est rigolo.
Carnaval de Barcarès et Argelès (Le plus confetti).
Le carnaval du Barcarès est un cortège sans fin de chars et de costumes, ainsi qu'une impressionnante cavalcade avec lancer de confetti au son des bandas.
Ce carnaval du bord de mer propose un tour du monde des cultures avec l'élection en soirée de "miss carnaval".
En Argelès-sur-Mer, c'est l'un des plus "courus" avec sa propre miss Carnaval et une... "miss Mamie Carnaval".
C'est un clin d'œil pour prouver que la cavalcade concerne tous les âges. Argelès offre une formule diurne, le 8 mars, et une nocturne avec incinération du "roi" le 14 mars.
Ces carnavals sont l'occasion d'une débauche de confetti dans toutes les rues.

Lloret de Mar (le plus bourratif).
A Lloret de Mar, l'arrivée du roi Carnaval est placée sous le signe de la gastronomie. Pour changer, on commence par une grande parade et une cavalcade, suivies d'un bal.
On finit la soirée en dégustant une soupe de haricots accompagnée de boudin grillé (butifarra ou bull) afin de prendre des forces pour les jours suivants.
Le lendemain, c'est régime. On se gavera seulement de pois chiches et de harengs puis de "cocas" (la coque est une patisserie traditionnelle plutôt bourrative) et on picolera du muscat en guise de dessert.
Le jour suivant est consacré à l'organisation de l’enterrement du roi Carnestoltes qui s'appelle aussi ici "Sardine".
C'est donc le "Popular i tipic enterrament de la sardina". L'origine de ce surnom "Sardine" est mal connue. C'est peut être, en analogie avec les pêcheurs qui se tartinaient une sardine sur le coup des 11 heures, à la pause.
L'enterrement de la sardine correspondrait peut être à une pause après toute cette débauche festive.
Sant Feliu - Platja d'Aro (Le plus fatigant).
Six jours durant et en continu, ce sera animations, spectacles, et tintamarre toute la nuit.
A Platja d'Aro, c'est non-stop pendant 6 jours. On commence par un repas (très peu diététique) et présentation des figures des anciens Carnestoltes des années précédentes.
On se souvient ainsi de la débauche de sons et de couleurs. Le lendemain, les équipes surchauffées de la veille défilent dans les rues de la ville avec des chars et des carrosses.
Le jour suivant, tout sera fait pour réveiller les âmes ensommeillées et les tenir éveillées toute la nuit dans un bruit indescriptible. La gueule de bois du lendemain apportera un peu de silence pour l'enterrement de Carnestoltes et de son épouse.
A Platja d'Aro, sa majesté est accompagnée par sa royale épouse qui l'empêche de succomber aux démons de la tentation et de la fête. Elle a bien raison d'être inquiète...
Castell - Platja d'Aro
Sant Feliu de Guixols
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On peut donc conclure en disant que par opposition au "triste" Carême, le carnaval est une période de réjouissance et de folie.
Cette extravagance outrancière est un peu comme une soupape qui laisserait échapper nos pressions de l'année, voire un air de liberté (et libertin ?) qui soulèverait le voile de nos sages habitudes et de notre respectabilité pour laisser entrevoir une partie de nos fantasmes.
Pour d'autres, c'est tout simplement une occasion festive où l'on "se lâche" sans chercher de signification particulière.
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A suivre prochainement sur cet écran et dans la même série : la "Sant Jordi", la "Patum de Berga", la "Pasqua Granada", "Sonar", la "Sant Joan", la festa de "Gracia", la festa de "Sant Merce", la "Diada Nacional de Catalunya", la fête de la Vierge du Pilar et jour de l'Hispanité (fête nationale Espagnole) et la fête de sainte Lucie (Santa Lucia). On n'a pas fini de parler de la fête !
@ + et bonne semaine !