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Toulouse (Haute-Garonne). Nous sommes le 21 septembre 2001, c'est une journée estivale comme l'été indien d'ici nous en fait connaître chaque année. Il fait beau. Les attentats des tours jumelles sont encore dans toutes les têtes. C'était il y a seulement 10 jours et la télévision diffuse depuis lors des images d'horreur en boucle.
La vie continue. La journée s'annonce exceptionnelle. Elle le sera.
10h17'47'' : Un éclair rectiligne est vu.
10h17'56" : Une explosion se produit avec une formation nuageuse.
10h18'01" : Une immense colonne gazeuse bleue se forme.
18h1805" : Apocalypse. Le hangar AZF n°221 contenant un stock de nitrate d'ammonium explose.
Toutes les sirènes de la ville hurlent. La rocade est un champ de débris et d'épaves. Tous les centres commerciaux des alentours sont détruits, 150 autobus du dépôt proche ne sont plus que de la ferraille tordue, l'hôpital Marchant et l'école des ingénieurs sont en ruines. Le souffle emporte tout sur son passage, les toits et les vitres des habitations explosent. On relèvera 31 morts et environ 2500 blessés graves. Les blessés légers n'ont jamais été tous comptabilisés. 30.000 logements sont endommagés. Toute vie et circulation se sont arrêtées, on n'entend plus que les sirènes et les gens qui hurlent.
AZF est un tas de cendres et de ferraille tordue. A la place du hangar se trouve maintenant un cratère de 70 m sur 40.
Les casernes de pompiers, les postes de police et les gendarmeries sont submergés d'appels pendant une demi-heure. Eu égard à la force de l'explosion, chacun croit qu'une bombe a explosé dans son quartier. Les plus folles rumeurs se propagent, on signale, qui une explosion à la gare, qui une explosion au centre ville ou à l'aéroport de Toulouse-Blagnac. La panique est à son comble.
Les secours plongent au cœur de l'apocalypse. Des corps gisent ensanglantés sur le bitume, des personnes titubent, encore sonnés, d'autres errent sans but, le regard hagard, des femmes hurlent, l'une d'elles crie en boucle : "les b…….. nous attaquent". C'est un cauchemar. Non, c'est la réalité, tout ceci est vraiment arrivé.
Les voitures qui fonctionnent encore malgré l'état de leur carrosserie et l'absence de vitres font office d'ambulance. Une postière s'improvise ambulancière avec son kangoo jaune.
Le sud-ouest de la ville est détruit en grande partie. Nombre de logements, entreprises et équipements (piscines, gymnases, salles de concert et le lycée) sont touchés. Des dégats tels que des portes et fenêtres enfoncées et des murs lézardés vont jusqu’au centre-ville. Le grand palais des sports sera entièrement démoli et reconstruit car il était trop endommagé.
Un nuage toxique brunâtre, que l'on a qualité de totalement inoffensif a été créé par l'explosion. Où est-il retombé ?
Celle-ci s'est entendu jusqu'à 80km à vol d'oiseau. Dans le Tarn-et-Garonne, le Tarn et le Gers, le souffle de l'explosion a été ressenti. Témoins et victimes de la catastrophe d'AZF sont marqués à jamais.
Puis vint l'heure de la justice. En 2009, les prévenus ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Toulouse. Au nom des victimes, le parquet a fait appel et un nouveau procès s'ouvrira le 3 novembre prochain.
Et aujourd'hui ? Le site AZF ressemble encore à un vaste désert industriel avec, tout au bout de plusieurs hectares de terre rase, les premières constructions de ce que sera le Cancéropôle Toulousain.
N'oublions jamais.