Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
Et bien voila, les bistrots et restaurants ont rouvert, enfin certains d'entre eux, car dans ma ville, certains rideaux sont toujours baissés, les chaises sont toujours sur les tables et la réouverture n'est pas à l'ordre du jour, ni de celui de demain. Certains déconfinés en profitent déjà en s'affichant sur les réseaux sociaux, comme à Levallois-Perret, où l'on fait parfois fi des règles de distanciation sociale. A la base, je n'ai rien ni pour ni contre eux, mais quand même… avoir été condamnés à de la prison ferme en appel, être dispensés d'incarcération et venir provoquer sur les réseaux sociaux en piétinant les mesures de distanciation sanitaire, c'est quand même déplacé dans l'époque troublée que nous traversons.

Nous sommes donc entrés en phase de déconfinement et de réouverture des restaurants dans les zones vertes. Les établissements concernés doivent respecter un protocole sanitaire strict, avec un mètre de distance entre les tables, pas plus de 10 clients par table, avec des lavages de mains réguliers, avec le port de masques et/ou gants pour le personnel. Si des consignes très précises ont été données, dans les faits, on s'aperçoit que le pire côtoie le meilleur.
La mise en place des nouvelles mesures de distanciation dans les restaurants n'a pas effrayé les premiers clients qui ont retrouvé, sous le soleil, des terrasses plus espacées et un serveur qui apporte les plats derrière une visière en plexiglas. Les terrasses et places en salle ont réduit de moitié et parfois plus encore. Les établissements sont à peu près complets jusqu'à 14h00, mais ils perdent vraiment beaucoup de places. C'est à la fois encourageant et frustrant parce que même si la salle tourne "à plein", il y a un effondrement du chiffre d'affaires et une perte de rentabilité, malgré l'obligation de refuser du monde, faute de place.

Dans le monde d'après, les convives sont distants les uns les autres, le gel est à portée de main, et le menu figure soit sur la table, soit sur un QR code, tandis que les plats sont amenés par un serveur masqué. Dans les cuisines, le chef est équipé d'une charlotte (normal) et d'un masque (pas très pratique pour goûter les plats), pénible à porter avec la chaleur. Entre les tables, le personnel s'active, mais le plus souvent, les patrons ont réduit les effectifs des serveurs et des aide-cuisiniers afin de débuter prudemment.
Ceux qui restent doivent réapprendre le métier et de nouveaux gestes pour effectuer le service. Il faut désormais changer la façon de servir, de côtoyer la clientèle et se laver les mains au gel hydroalcoolique à chaque plat ou quand on débarrasse. Les premiers clients sont au rendez-vous, mais la fréquentation est en dents de scie et les professionnels risquent d'assouplir quelque peu, au fur et à mesure, les règles de distanciation, pas tenables sur le long terme.
Si la majorité des restaurants ont rouvert depuis le 2 juin, certains établissements gardent toujours porte close pour le moment, parfois par raison financière, parfois parce que le protocole sanitaire n'est compatible ni avec la philosophie, ni avec la rentabilité du lieu. Certains patrons n'imaginent pas imposer les règles du protocole sanitaire, et ne se voient pas faire "les gendarmes", y compris derrière les gens qui vont aux toilettes, le restaurant étant pour eux un lieu de convivialité et de partage. Je partage cette vision. Pour moi, l'indispensable masque, est un premier obstacle la fréquentation des auberges, tout comme les traçages au sol, la distanciation et les produits industriels disposés un peu partout pour se désinfecter les mains. Quant au restaurant-plexiglas, très peu pour moi !

Avec la distanciation physique, les restaurants ne fonctionnent pas au seuil de rentabilité, déjà difficile en temps normal. Ceux qui restent fermés continuent donc à faire des plats à emporter, ce qui n'est pas assez pour vivre, mais permet de garder la tête hors de l'eau. Pour combien de temps ?
Même si le président a salué le retour des "jours heureux", il est bien difficile de se projeter avec des consignes gouvernementales qui évoluent constamment, souvent en contradiction.
Ayant banni les cafés et restaurants jusqu'à nouvel ordre pour les raisons décrites supra, je suis conscient qu'il y aura des dommages collatéraux chez les restaurateurs et cafetiers, mais c'est ainsi, on ne maîtrise pas la pandémie, malgré le président du conseil scientifique qui a annoncé le contraire ce matin.
Le monde d'après, avec ses restructurations désagréables et sa cohorte de chômeurs, est décidément une catastrophe, même si jusqu'ici tout va bien.
