Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
Jeudi 21 mai 2020.
Jusqu'ici, tout va bien. Et si pour la première fois en France, des élections se déroulaient sans campagne, et ce de manière apaisée ?

Le conseil scientifique a indiqué ne pas s'opposer à la tenue du second tour des élections municipales. Toutefois, son avis est assorti de vives réserves devant tenir compte de la situation épidémique. Son président, Jean-François Delfraissy, a été interrogé sur les modalités d'organisation et ses déclarations ont fait l'effet d'un coup de canon : le scrutin devra être conforme aux exigences de sûreté sanitaire. La campagne électorale doit être très réduite et très différente. Il ne devra pas y avoir de campagne sur le terrain, pas de campagne sur les marchés, et pas de campagne à domicile.
Si la situation sanitaire s'est améliorée par rapport au début du confinement, on ne peut pas anticiper les semaines à venir, à tel point que le conseil estime devoir procéder à une nouvelle évaluation, probablement le 28 mai prochain.
Les élus des petites communes, engagés à fond pour les autres et ne comptant pas leur temps, sont la base et la force vive de ce qui fait fonctionner notre pays. Ceux des grandes villes, souvent recasés au niveau local après disgrâce et/ou fin de mission sous les ors de la République, qu'on ne revoit plus jamais ou presque une fois élus, dont la première décision est parfois de s'augmenter leur propre indemnité, et qui sont bien plus proches de leur réélection et de leurs privilèges que de leurs administrés, ça n'a rien à voir. Je les appelle des "tronches de raie"...
Pour la première fois aurions-nous donc une campagne sans tracts (les arbres vous disent merci) ? Aurions-nous donc une campagne absente du terrain, et de nos domiciles (chouette, la boite à lettres ne sera plus bourrée de tracts froissés, et on n'aura plus à subir les tronches de raie désirant entrer dans la cour) ? Aurions-nous donc une campagne absente des marchés (chouette, nous allons éviter les mêmes tronches de raie citées ci-dessus nous arrêtant tous les 10 mètres pour nous remettre, de façon plus ou moins véhémente, leur profession de foi) ?
Tout ceci ne me paraît pas si mal, même s'il sera difficile d'échapper aux spots publicitaires, ainsi que peut-être au démarchage téléphonique et aux e-mails agressifs… les technologies ne propageant pas le coronavirus risquent d'être usées et abusées.
Après, vais-je me déplacer jusqu'au bureau de vote, pour aller faire mon devoir, au milieu des gestes barrières et mesures de distanciation ? Je me tâte. Je suis toujours allé voter, y compris par procuration lorsque j'étais empêché, mais pour la première fois de mon existence, je vais peut-être songer à y renoncer.

J'ai encore en mémoire le premier tour du mois de mars dernier, où je me suis fait "pourrir" parce que j'avais dépassé la ligne limite au sol d'environ 30 centimètres. J'ai encore en mémoire que celui qui m'a ainsi vertement tancé, m'a ensuite frôlé, à moins de 50 cm, passant en force entre ma camarade de jeux et moi, tout en mangeant un sandwich (!). Je n'ai pas pu m'empêcher de lui faire remarquer l'incohérence de la situation, ce qui l'avait fait rigoler (!).
Pas trop rancunier, continuant à manger son sandwich, il m'a alors accompagné vers un isoloir ouvert, sans rideau. Ayant eu du mal à comprendre le concept, je me suis félicité d'avoir préparé à l'avance mon bulletin de vote préalablement reçu par la poste. Peut-être ne suis-je pas prêt à revivre de telles incohérences, peut-être ne suis-je pas intéressé de savoir quelle "tronche de raie" sera élue ? Peut-être tout simplement ne serais-je pas intéressé par cette parodie de démocratie instaurée de force en plein déconfinement progressif ? ou peut-être irai-je pêcher, parce qu'en me levant, je me serait dit que jusqu'ici, tout va bien…