Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
J+55. Dimanche 10 mai. (1 au jus). Jusqu'ici tout va bien…
Demain, c'est la fin du confinement (et du tome I du journal de marche d'un confiné)… J'ai du mal à l'imaginer. A la veille de ce fameux déconfinement, les appels des "milieux autorisés" se multiplient contre tout relâchement de l’attention et pour le maintien des gestes de protection. C'est donc aujourd'hui le 55e et dernier jour sous cloche avant le déconfinement, mais la prudence reste de mise afin de ne pas relancer la courbe des décès. Même s'il semble faiblir (un peu), le virus est toujours là, partout… il continue de circuler faute de traitement et de vaccin.
Le nombre de victimes a poursuivi sa décrue (80 morts de plus en 24 heures), dont 4 seulement en EHPAD, mais quand même, on va terminer le confinage avec environ 26.400 décès. Le parlement a adopté hier la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, jusqu’au 10 juillet 2020, et 32 départements restent classés "rouges". Le port du masque devient obligatoire dans les transports en commun, même chez les "verts". Il convient donc de se garder de penser que tout est réglé.
L’Etat doit mettre 10 millions de masques à disposition des usagers des transports, à partir de lundi, selon le ministre de l’intérieur. C'est lin d'être gagné, surtout quand on voit le nombre d'employés du secteur public ou assimilé qui n'ont pas encore de masques. Je pense aux crèches, garderies et structures scolaires fonctionnant au profit des enfants de soignants, aux techniciens médicaux, etc. La situation s’annonce particulièrement délicate dans la capitale et les banlieues et demain, l'intox et l'incurie habituelles de nos dirigeants vont encore éclater au grand jour. Pour tenter d’éviter la cohue dans le métro, le RER et les trains de banlieues, une attestation de l’employeur sera obligatoire aux heures de pointe. Je ne le sens pas du tout…
Autre dossier chaud : la réouverture des écoles qui risque de virer au casse-tête, et qui inquiète les élus et les parents. Demain va être le moment où les belles paroles "effets d'annonce" et les éléments de langage de ces derniers instants vont avouer leurs limites. Si la situation n'était pas si grave, cela prêterai presque à rire. La politique, c'est un métier, ça ne s'improvise pas et la bande d'amateurs peu éclairés de l'exécutif va l'apprendre à nos dépens.
Olivier Véran, ministre de la santé (un des rares ministres que je pense honnête et compétent) nous a assuré la main sur le cœur que les conditions sanitaires étaient réunies pour le million d’enfants qui devraient retrouver le chemin de l’école. En fait, le gouvernement l'espère peut-être, mais n'en sait rien. Le ministre de l'éducation a revu ses chiffres à la baisse et se contenterait que les enfants aient pu retrouver au moins "une fois leur école d’ici à fin mai". Et bien, ça va être joli les diplômes 2020. Je serai un patron devant recruter, j'éviterai soigneusement ce millésime…

Je regarde un peu autour de moi, en zone rurale, et je constate que dans les faits, le confinement est quasiment déjà terminé. Les motos circulent à fond, les gens se baladent à plusieurs dans les voitures, les équipements de protection sont à peu près absents et je doute que les distances de sécurité soient respectées chez beaucoup de voisins.
Certes, je peux les comprendre, avec ces deux mois de ras-le-bol et de privation. Il va faire beau aujourd'hui (pas comme demain) et ce dimanche est le théâtre de nombre de réunions familiales, où les plus jeunes sont venus visiter les anciens. En tant normal, c'est un tableau réjouissant, mais en fin de confinement, je dois dire que toutes ces embrassades, du papi au petit dernier né pendant la crise, sont plutôt du domaine de l'inquiétant.
On va dire que nous sommes en zone verte et que les parisiens des environs, pour cette raison, ne semblent pas pressés de remonter chez eux. S'ils restent encore un peu, ce doit donc être que jusqu'ici, tout va bien…