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Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !

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Journal de marche d'un confiné (J+31)

J+31. Jeudi 16 avril - (25 au jus). Jusqu'ici tout va bien…

 

J'avais fait récemment un billet sur les verbalisations abusives du confinement, mais ça continue. Après le cas de Graulhet (81) qui fait la "une" (la dame de 79 ans qui venait chaque jour à l'EHPAD de plain-pied pour montrer un message sur une ardoise à son mari "absent" de 93 ans), le cas de l'île de Ré, défraye aussi la chronique.

Dans le Loir-et-Cher, un vigneron a reçu un appel de sa belle-mère. Son père, âgé de 82 ans, atteint d'un cancer généralisé, vit ses derniers instants. Notre homme décide de partir pour l'île de Ré, et remplit son attestation pour "motif familial impérieux".

Contrôlé une première fois à la sortie de l'autoroute, il tombe sur un gendarme normal et poursuit sa route sans encombre, jusqu'au second contrôle après le pont d'accès, à 3 km de chez son père. Notre homme est bloqué par un gendarme strict, poli et inflexible. Ce dernier l'empêche de continuer et lui déclare que visiter son père hospitalisé à domicile en phase terminale de cancer, n'est pas un motif impérieux (!)

Refusant la discussion, le militaire verbalise. Patrice restera 5 heures à tout tenter sur le point de contrôle. Malgré l'appel téléphonique de sa belle-mère et du médecin qui décrit l'état du patient, le militaire répond qu'il ne changera pas d'avis, n'a "pas le temps et des contrôles à faire". La hiérarchie, les élus et la préfecture contactés par téléphone resteront sourds aux demandes.

Contactée ultérieurement par Internet, la gendarmerie reconnaît une erreur d'appréciation mais rappelle l'application stricte de la réglementation. Un document écrit prouvant le motif impérieux du déplacement était nécessaire en complément de l'attestation. Le verbalisateur a donc suivi les consignes à la lettre. Le père de Patrice est décédé mercredi, au petit matin. Avec l'attestation de décès, il a pu revenir pour les obsèques et n'a rencontré aucune difficulté.

Circulez, y a rien à voir ! Sur le site de la gendarmerie nationale, les mots "une force humaine" ne figurent plus sous le logo depuis quelque temps déjà. Il n'y a donc rien à redire, la mise a jour a bel et bien été effectuée.

 

La police n'est pas en reste, comme en témoigne la mésaventure survenue à Nice, à Jean-Yves et à sa maman de 78 ans. Diabétique, elle souffre de la maladie d'Alzheimer. Son fils, sa fille et un infirmier assurent une visite quotidienne, mais Jeanine perd la mémoire. Ses enfants ont tenté de lui expliquer le virus, lui interdisent de sortir seule. Au cas où, elle a des attestations et un masque, mais la vieille dame n'a plus toute sa tête. Mercredi, Jean-Yves trouve la maison vide. Il redoute le pire et part à sa recherche en voiture. Elle est à un arrêt de bus, à un kilomètre de là. Quatre policiers verbalisaient des personnes à côté d’elle et personne ne prêtait attention à la vieille dame, complètement perdue.

Jean-Yves installe sa maman perdue dans la voiture et va parler avec les policiers. Ces derniers l’avaient verbalisée parce qu’elle n’avait pas d’attestation. Ni son état ni son âge ne les ont alertés. Le PV était déjà mis et Jean-Yves n'avait qu'à le contester, ce qu'il fera dès réception. Abandonner une vieille dame désorientée par la maladie sur la voie publique après l'avoir verbalisée, c'est donc une pratique normale ?

 

Même si rester confiné chez soi n’a strictement rien à voir avec une période de guerre, j'ai bien l'intention de continuer, de tenir bon, afin d'éviter d'être classé dans la catégorie "réanimable" ou dans l'autre.

Le patient qui arrive en réa, pauvre chose infectée, s'il est conscient, ne comprend pas bien quand on parle de lui. Il est Covid positif, il a ça, ça, et ça. Non réanimable. Hop, on passe au suivant : "tel âge, non réanimable". On passe au troisième : "Non réanimable" et ainsi que suite si vous êtes trop âgé ou à risque. Tous les jours, les médecins font le point sur l’état des patients avec les réanimateurs et décident ensemble si les patients sont réanimables ou pas. C'est horrible. Déjà éprouvés physiquement, on leur demande l'impossible. Ces soignants ne seront plus jamais comme avant.

D’habitude, jamais on aurait parlé comme ça des patients, mais là on ne peut plus, on n'a pas le temps, pas la place, pas le matériel et surtout… il y en a tellement qui sont réanimables qu'il faut bien faire un choix, comme dans la médecine de guerre.

Pour rien au monde je ne voudrais être à la place de ces héros.

 

Mais au fait, c'est quoi non réanimable ? Ça veut dire que si leur état se dégrade, ces patients ne seront pas transférés en réanimation, et ne seront donc pas intubés car les médecins estiment qu’ils ne s’en sortiront pas.

Selon quels critères ? C'est en fonction de leurs antécédents : s’ils ont eu un cancer, autres pathologies, maladies chroniques, s’ils sont trop âgés, on ne va pas les réanimer.

On ne va donc pas mettre en œuvre tout ce qu’on peut pour les sauver ? Ben non, dans certains cas, ce serait de la folie et une perte de temps qui nuirait aux "réanimables".

Alors on fait quoi ? On met des sédatifs, pour qu’ils soient "confortables" et qu’ils partent tout doucement.

Mais on aurait pu le sauver si les moyens avaient suivi ? Pas de réponse.

Et comment on vit une telle situation ? Les soignants sont choqués. C'est surhumain de retourner au contact des patients non réanimables, surtout quand, après le décès, on doit annoncer la nouvelle aux proches.

Et les patients, ils réagissent comment ? L'objectif c’est qu’ils partent sans souffrir. On met alors en place de la morphine et de l’hypnovel pour qu’ils soient paisibles, ne présentent plus de signes de lutte, et puis la chose va se passer. Ils sont soulagés en attendant qu’ils arrêtent de respirer.

 

Toutes les visites des "Covid" sont interdites, sauf sur autorisation du médecin et seulement quand c’est la fin. Un seul proche a le droit de venir voir la personne qui va décéder. Une demi-heure maxi. Une seule fois. C’est très dur. À tel point qu'il est mis en place des cellules psychologiques de soutien aux soignants. C'est peu pour de telles journées de douze heures, les semaines de 60 heures, les alternances jour/nuit incohérentes et dangereuses et les absences de repos.

Alors, même si on est plutôt en pandémie, qu'en guerre, on ne dira jamais assez de respecter les règles du confinement pour que soignants et réanimables puissent aussi dire : jusqu'ici, tout va bien…

 

 

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J
Mon dieu, faut-il être con ( le verbalisateur) pour faire ça à un fils qui veut voir son père vivant...Sur les PV, y a t-il le nom du flic ? Si oui, il faudrait donner son nom..Est-on à ce point inhumain ! Je ne suis même pas sûr qu'il arrivera à le faire sauter ; va y avoir tellement de contestations…En plus, il faut payer avant de contester..Va falloir que tous les contestataires s'unissent..D'ailleurs, pas malin la réaction de la hiérarchie, du préfet, du maire...Ecoeurée..Pas marrant ton article du jour.
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S
Hello Juju,<br /> Il faut en effet une sacrée dose d'inhumanité, surtout quand on a lu les circonstances. Le gars a refusé d'écouter le médecin qui voulait lui décrire l'état du patient et se proposait de lui faxer ou emailer l''attestation manquante. Mais no, le règlement, c'est le règlement.<br /> La situation a évolué et la porte-parole de la gendarmerie a annoncé que l'amende allait être annulée et que la gendarmerie exprimait ses regrets. C'est trop tard, j'ai entendu à la radio la belle-mère de Mr Dupas qui a expliqué avoir expliqué au malade pourquoi son fils ne viendrait pas. Le papa aurait pleuré sans larmes avant de sombrer.<br /> Je ne voudrais pas être à la place de ce gendarme qui va devoir vivre avec ça pour le restant de sa vie !
B
Pour faire ce métier il faut avoir tuer père et mère.....<br /> Bon Jeudi<br /> Pat
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S
Pire que pour être journaliste ? Oh non, je ne peux y croire... Ooops.<br /> Bonne fin de journée, l'ami !