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J+25
Vendredi 10 avril, vendredi Saint. Jusqu'ici, tout va bien…
Hier, dans mon billet du journal de marche d'un confiné, je vous parlais des traumatisés par le confinement en cours. Le cas irrécupérable d'un quinquagénaire parisien illustre bien ce propos. Fraîchement arrivé à Plouhinec (29) et rapidement verbalisé nu sur la plage municipale (déserte) en compagnie de son épouse, il a ensuite foncé en mairie, se plaindre auprès du maire de la commune. Imaginez l'air ahuri de l'édile quand il a vu débarquer notre homme, furax, torse nu, simplement vêtu d'un bas de jogging et de chaussons. Le touriste insiste et maintient son intention de retourner le lendemain se baigner nu, au même endroit. Il argumente, smartphone à l'appui, que la mairie ferait la promotion de la plage nudiste où il souhaite à tout prix faire prendre l'air à ses attributs. Après un "dialogue" houleux, le pot aux roses fut découvert, après que le maire (qui connaît un peu sa commune) lui eut certifié qu'il n'y avait pas de plage nudiste chez lui, ce que l'homme continuait à réfuter. Il s'agissait en fait d'une confusion entre Plouhinec (29) et Plouhinec (56), juste 120 km plus bas. Mauvaise préparation, méconnaissance de la géographie ou incapacité à utiliser un GPS ? Toujours est-il, faut-il le rappeler, que nu ou habillé, les plages de France sont actuellement toujours interdites d'accès pendant le confinement.
Pendant ce temps là, à la poste de Rennes, une chargée de clientèle a reçu de sa hiérarchie l'ordre écrit de retirer son masque artisanal confectionné de ses blanches mains, au prétexte qu'elle inquiétait ses collègues. L'intéressée pensait plutôt que la direction cherchait juste à culpabiliser le personnel portant un masque. La poste s'est retranchée derrière l'application de consignes officielles, comme stipulé dans une note du 25 mars 2020. Toutefois, à l'instar de Pathé-Marconi (la voix de son maître), cette doctrine a rapidement évolué après le revirement spectaculaire du gouvernement concernant le port du masque de protection. Devant le tollé suscité par cette affaire, la DRH de la poste, dans un mail adressé aux organisations syndicales, a précisé que chaque collaborateur pourra, sur base du volontariat, porter dorénavant un masque sur son lieu de travail. La dotation va d'ailleurs commencer, avec une campagne d'affichage sur "les bons gestes du masque de protection" et des fiches techniques expliquant "comment mettre et enlever son masque". Une boîte de 50 est même remise, depuis le 8 avril, à chaque manager de proximité (c'est comme ça qu'on appelle dorénavant un chef d'équipe). Le collaborateur qui le souhaite doit venir retirer son équipement à chaque prise de service, après s’être lavé les mains, avec deux masques par jour et par agent. Je sais bien que faire et défaire, c'est toujours faire, mais tout ça pour ça ? Etait-il utile de menacer des foudres l'agent qui passe dorénavant pour l’emmerdeuse de service ? On se le demande. Petit à petit, des mesures de bons sens sont en train de s'établir, mais c'est long. Je tiens toutefois à préciser que la voie anale n'a pas été retenue en ce qui concerne le contrôle de température pratiqué dans certains aéroports et entreprises, excepté peut-être pour les mouches ?
Je vais clôturer sur ce vendredi saint bien singulier où on a vu une messe dans une Notre-Dame dévastée, célébrée par des prêtres en casques de chantier (mais sans masque). Je devrais quant à moi, me trouver à Perpinyà, chez des amis. Nous aurions du assister à la procession de la Sanch 2020 et dîner ce soir à l'assiette Catalane… avant de prendre la route demain matin pour mon cher Sant Feliu… mais bon, je ne vais pas me plaindre, car jusqu'ici, tout va bien…