Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
La scène qui suit représente le président normal, lors de sa visite post-nowell au marché de RUNGIS. Il s'agit de son arrêt déjeuner chez les bouchers (les louchebems, comme on dit là-bas).
Ah ! Le sieumic président à table avec nous !
Nous sommes flattés que vous aimiez la tripe. Vous larlépem le louchebem ? Non ?
C’est le parler des bouchers, monsieur le président. Aussi incompréhensible aux profanes que le jargon de vos énarques !
Nous sommes heureux que vous aimiez le lorpic, la charcutaille, la bonne cochonnaille bien de chez nous. Et aussi, nous sommes fiers que vous acceptiez de jaffer la tête de veau avec des loufs comme nous, comme le faisait un de vos célèbres prédécesseurs, Corrézien lui aussi !
Ah ! mes amis (le président, inquiet, regarde à droite et à gauche, puis derrière lui). Il ne voit que des solides gardes du corps. Ouf ! Valérie la redoutable n'est pas là... Quel bonheur ! Je suis des vôtres ! Aheueueu…
Le président s’assoit parmi les bouchers, une accorte lamfé du lafécaisse lui noue une grande serviette à carreaux rouges et blancs autour du cou, et la fête commence.
Deux louchebems sortent de la grande bassine fumante un drap noué en baluchon et l’égouttent dans la rigole. Dans un nuage de vapeur odorante, ils posent la tête de veau sur une large table.
Tandis qu’on décore le chef (la tête de veau, pas le président normal, voyons...) fumant de persil dans les oreilles et les narines, le patron des louchebems, le ventre opulent barré d’un grand tablier blanc (pas pour longtemps) se prépare à officier.
En quatre coups sonores sur son fusil, il donne à son couteau de découpe le tranchant idéal et attaque. Les joues souples et grasses qui fument et tressautent, le dedans du palais, la langue et la glotte, les viandes délicates, mousseuses, du cou, les oreilles craquantes, les muscles des bajoues, les yeux aux muscles si délicats et enfin le bonheur des gourmets : la pointe du museau avec les trous de nez qu’il offre au président dont les yeux brillent !
Normalou 1er, sans faire d’histoire, pique à la fourchette dans le plat, travaille du "laguiole" (on prononce layole) et s’enfourne royalement de belles portions de viande gélatineuse.
Les louchebems lui font une ovation. Le vin des côtes du Rhône coule à flots et bientôt toute l’assemblée (un peu pompette) entonne à pleine voix ce morceau de bravoure : "La femme qui pète au lit":
La femme qui pète au lit, connaît quatre jouissances
Elle bassine son lit, elle soulage son ventre
Elle entend son cul qui chante dans le silence de la nuit.
Elle entend son cul qui chante, elle emmerde son mari...
Bon. C’est peut-être pas vrai, mais ça pourrait l’être.
On n’en sait rien puisque les journaleux n’étaient pas acceptés à cette pause casse-croûte, lors de la visite du marché de RUNGIS.
En tout cas, moi j'aime bien car c'est rigolo… et ce sera la première fois où je vous écrirai un truc pas vrai (mais comme je vous le dis, faute avouée est à moitié pardonnée).
@+