Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
D'aucuns diront que je fais dans l'hommage aux anonymes oubliés en ce moment, mais je suis comme çà, je déteste l'injustice.
A BESINGRAND (64150), il n'y avait aucun monument aux morts 1914-1918, la commune étant bizarrement fière de n'avoir eu aucun de ses enfants tombé au champ d'honneur. Vu la boucherie de la "grande guerre", le fait a paru étrange à André ARRIAU, généalogiste local, qui a quelque peu contrarié Michel LAURIO, le maire actuel, qui affirmait que BESINGRAND n'avait perdu aucun de ses enfants à la guerre et qu'un monument aux morts était donc inutile.
En 30 minutes de recherche dans les archives municipales, le généalogiste a pu contredire le maire en retrouvant la mention de "Jean Lambert, mort pour la France le 23 août 1914".
Notre brave maire en est "tombé de cul". Pour vérifier ses dires, monsieur ARRIAU a, pendant 2 mois, visité tous les monuments aux morts du canton et s'est aperçu que ce pauvre Jean LAMBERT était bel et bien tombé dans l'oubli.
On ne sais pas grand chose de ce pauvre garçon, si ce n'est qu'il mesurait 1,76 m de chair à canon, et qu'il est parti dans les tranchées de Gosée, un vallon Belge, comme 900 autres français tombés avec lui, en une seule journée d'été.
Ce béarnais, dont le corps n'a jamais été retrouvé doit donc toujours s'y trouver, bien loin du monument en quartz du Brésil que BESINGRAND inaugurait ce 11 novembre 2012, pour se faire pardonner son oubli.
Si l'acte de décès n'est parvenu à la mairie qu'en 1920, c'est bien une étourderie municipale si le jeune Lambert (20 ans) a ensuite été oublié, reconnaît monsieur le maire qui a présenté ses excuses à sa famille.
En effet, le généalogiste ARRIAU a retrouvé un arrière petit-neveu, profondément ému de découvrir la vérité. Il possédait la plaque de soldat de son aïeul, mais n'avait aucune idée précise de son sort. Les parents du jeune LAMBERT avaient déménagé dans un village voisin où ils étaient morts de chagrin, sans la moindre nouvelle de leur fils.
Après presque un siècle d'amnésie, le cimetière communal n'a pas lésiné sur le protocole. Pour l'inauguration, le préfet, les militaires et les autorités départementales étaient là, au son de la marseillaise et de la sonnerie aux morts.
Hier, dans ce petit village, tous, et surtout les jeunes, se sentaient proches de ce très vieux garçon de 20 ans qui était dans les pensées de tous.
Tu n'es plus oublié, Jean LAMBERT, toi qui est sans doute mort pour rien. Hier, c'est tout une commune, toute une région, qui te rendait hommage, presque un siècle après. Il paraît que ton descendant a été submergé par l'émotion.
Repose en paix, Jean. Quelle connerie, la guerre !
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