Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
Aujourd'hui, le ton de mon billet sera différent, et pour une fois, l'article sera sérieux. Je reviendrai sur un événement douloureux qui s'est passé il y a 75 ans. (Vignettes cliquables).
La Catalogne a été marquée à se façon de chaque côté de la frontière et la blessure ne s'est toujours pas refermée. Il s'agit de l'anniversaire de la "retirada". Du mot retraite en espagnol, c'est l'exode des réfugiés catalans et espagnols de la guerre civile.
En février 1939, ce sont ainsi plus de 450.000 républicains qui ont franchi la frontière à la chute de la seconde République espagnole, lors de la victoire du général Franco. Les autorités Françaises ont sous-estimé l'ampleur de l'exode. En mars, 264.000 espagnols se serrent dans les camps des Pyrénées-Orientales, alors que la population du département s’élève à moins de 240.000 personnes.
Réfugiés civils au Perthus
Il y a 75 ans en effet, en février 1939, des centaines de milliers de réfugiés espagnols passaient la frontière et fuyaient vers la France. En Espagne, les commémorations sont rares.
Afflux des Républicains au Perthus.
Le 8 février 1939, les habitants de Prats de Molló (66) se réveillent, stupéfiés : sur le haut du col d’Arès, une colonne ininterrompue de gens descend vers le village. Jusqu’au 12 février, 440.000 personnes franchiront la frontière à cet endroit-là, dont une centaine de milliers de Catalans.
Environs de Prats-de-Mollo.
Le reste est composé de ceux qui avaient déjà fui le sud de l’Espagne et s’étaient réfugiés en Catalogne, d’abord à Barcelone, puis à Gérone, suite à la prise de la capitale catalane par les troupes de Franco, le 25 janvier. La plupart des Barcelonais se sont réfugiés à Gérone où se replient aussi les gouvernements républicains, espagnol, basque et catalan, dans l’espoir que les pays démocratiques lancent une offensive face à celle de Hitler et Mussolini, les bombardements systématiques de Barcelone pendant toute une année, ayant fait 1300 morts et 2000 blessés.
Armes déposées par les Républicains.
La défaite de la bataille de l’Èbre, suivie de la chute de Barcelone, sème la panique à Gérone : Tout le monde fuit vers la France et l'armée républicaine en déroute ferme les convois. La France attendait environ 60.000 réfugiés. Ils seront plus de 7 fois plus.
Entre le Boulou et Argelès.
Derrière eux, les troupes franquistes talonnent et atteignent les Pyrénées le 10 février. Les issues de secours sont bloquées. Il est aujourd'hui comme de dire que ces gens ont été abandonnés deux fois : par la mort ou l’exil, puis par l’oubli. En cette année de commémorations d'une Catalogne à l'image d'une future République indépendante, le souvenir de la défaite et l’horreur de l’exode n’ont pas leur place.
Troupes franquistes à la frontière.
Seuls quelques élus ont réclamé à leurs pairs une commémoration nationale en Catalogne, en vain. Sabadell est une exception. L’année 2014 y a été déclarée "année de l’exil républicain" et sera marquée par une manifestation de reconnaissance aux milliers de personnes qui se virent contraintes au départ.
Camp de Prats-de-Mollo.