Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
Pour me faire une idée, j'ai eu l'idée de lorgner sur nos voisins ibériques et de constater la situation chez eux...
"Aujourd'hui, c'est un jour pour oublier la crise", disent les espagnols avant d'engloutir les traditionnels douze grains de raisin, comme des milliers d'autres, réunis sur la Puerta del Sol, la place de Madrid qui a vu naître le mouvement des indignés.
Pour les employés et les fonctionnaires de la péninsule ibérique comme les couples d'instituteurs, 2011 a été difficile et il faut surtout tenir le coup.
Malgré tout, ils ont essayé de célébrer l'arrivée de la nouvelle année.
La plupart veut espérer que 2012 soit meilleure, mais n'y croit pas.
Les salaires 2012 seront toujours gelés et presque aucun départ à la retraite ne sera remplacé dans la fonction publique.
A l'approche de minuit, Madrilènes et touristes de passage ne se sont pas laissés démoraliser par ces mauvaises nouvelles. Ils portaient des bouteilles de cava et beaucoup de raisin.
A chacun des douze coups de minuit, il faut avaler un grain, une tradition espagnole censée porter bonheur.
Mot d'ordre ironique de cette manifestation : accueillir avec joie l'année du sauvetage financier de l'Espagne, car nous avons envie de faire la fête, malgré tout ce qui nous tombe dessus.
Dans la foule, chacun y va de son anecdote pour expliquer comment il a vécu la crise pour économiser en ce jour du 31 : ne pas acheter de billets pour aller faire la fête quelque part, préférer un dîner entre amis, moins onéreux, réduire le budget réveillon, faire l'impasse sur de nombreux achats… quand on peut encore acheter !
Il y avait peu d'emplois pour les jeunes diplômés avant, alors avec les coupes budgétaires et l'absence d'embauche, c'est un cercle vicieux qui va frapper de plein fouet la péninsule Ibérique.
A l'aube de 2012, les diplômées "bac + 5 ou 7" sont contentes quand elles trouvent un travail de vendeuse dans un petit magasin ou de serveuse dans un bar, même en CDD.
Le chômage touche plus d'un Espagnol sur cinq, un record parmi les pays industrialisés.
Les jeunes vont voir en Amérique du Sud, pour chercher du travail, ce qui est un comble quand on sait qu'il n'y a pas si longtemps, ce sont les latinos qui quittaient leur misère pour venir travailler en Espagne.
Et là, on ne parle pas d'un pays aux antipodes ou d'un état du monde arabe ou d'un pays déshérité du golfe.
Il s'agit d'un pays d'Europe dont l'économie, il y a peu encore, tournait mieux que la nôtre, il s'agit d'un pays qui nous montre avec un peu d'avance ce que va être notre futur immédiat.
On se dit que "c'est mieux de commencer une nouvelle année avec de l'espoir", mais personnellement, je n'y crois absolument pas.
Accrochez-vous aux branches, même si je vous le souhaite, le président l'a dit hier soir, le pire est devant nous.