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Aujourd'hui, pas d'article sur l'actualité insolite, mais une piqûre de rappel sur une tradition Catalane : la fête de l'ours. Vers la chandeleur, l'ours descend de la montagne en quête d'une belle à enlever. C'est une fête unique venue du fond des âges.
Pendant des mois, l’ours a disparu des forêts pour dormir au creux d’une grotte, et c'est à son réveil que la bête affamée est la plus dangereuse. Son retour à la lumière a donné lieu à nombre de fêtes et de rites, marquant aussi en parallèle, le retour du printemps et la fécondité de la nature.
Le Haut-Vallespir, terre Catalane, a gardé une forte empreinte médiévale, avec ses légendes et ses mythes. Tous les printemps, on se prépare au retour de l’ours, lors d'une fête unique qui attire une foule considérable. Le premier danger de l’ours, c’est qu’il tente d’enlever les jeunes filles pour leur faire subir les pires outrages dans les forêts profondes.
Cette figure de l’ours s’inscrit dans les fêtes de carnaval, moment ultime où la sensualité se débride, avant d’entrer dans le Carême. La fête de l’ours est donc une fête d’exorcisme et de libération. Jadis, ce devait être un des seuls moments de l’année où les jeunes garçons pouvaient toucher les jeunes filles. Bien sûr, l’ours est un faux ours. On utilise du cirage et parfois même un costume intégral d’ours ! Fardés de noir et porteurs d’un bâton, il arrive même que des "ours" se battent en duel avec les villageois les plus vaillants.
A PRATS, tout finit par des Sardanes et un repas Catalan roboratifs et goûteux. Les ours, descendent de la montagne et se mêlent à la foule. Ils ont l'outrecuidance de vouloir embrasser les jeunes filles, qu’ils marquent de "noir" et qu'il poursuivent avec force grognements.
Il faut dire qu’ils ont hiberné tout l’hiver et qu'ils sont déchaînés. Poursuivis par des chasseurs (barbiers), ils sont attrapés, rasés, puis humanisés. Ils dansent alors avec les jolies filles (il n'y a pas de filles moches en Catalogne) et boivent au pourrou avant de gagner le cercle des hommes. Il existe une variante avec la "Roseta" qui sert d’appât à l’ours. Après une chasse débridée au son des bandas, l’ours est pris. Pour information, l'ours est un peu miraud, car la Roseta est un homme travesti !
Dans une autre variante, à SAINT LAURENT (Sant Llorenç), intervient un curieux personnage doté de deux troncs, deux têtes, quatre bras et quatre jambes : la Monaca. La aussi, l'ours tente de s’échapper, sans succès. Les barbiers dansent autour de lui au son de la cobla et l’ours s’effondre, son animalité étant morte. Il se relève ensuite et fait danser une jeune fille, ayant accédé à son statut d’homme. On danse, on chante et on boit. Le mythe a été revisité d’un village à l’autre, plus ou moins empreint de sacré, plus ou moins explicite en allusions sexuelles, mais il s’agit de la même fête qui avait lieu pour la Chandeleur et était suivie du Carnaval.
Dans les montagnes du Vallespir, février est glacial. Ces fêtes sont donc l’occasion de libations dans les rues et les cafés des villages. Elles attirent les bons vivants qui doivent arriver tôt pour profiter des cobles et du son des bandas.
Il ne faut surtout pas partir quand l’ours est rasé, mais au contraire rester avec les gens du cru, pour continuer la fête, toutes générations confondues. La fête de l’ours est une véritable expérience.
C'est l’occasion de partager des émotions avec les montagnards Catalans dont la vie rude et difficile, était jadis marquée par des joie simples dont la portée symbolique les dépassait sûrement. Ils ont su en transmettre la mémoire vive. En Vallespir, la Catalogne vous attend !
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