Il y a un peu de tout, notamment des avis sur tout mais surtout des avis !
Meurtries par l’effroyable incendie qui a ravagé le nord de la Catalogne, les terres de l’Empordà se réveillent tout doucement de ce cauchemar et reprennent goût à la vie.
Le paysage va se régénérer très facilement, ce n’est pas un problème...". Quelques jours après le terrible incendie de l’Empordà, les paroles d’un chercheur du "Centre de recerca ecològica i aplicacions forestals" en avaient surpris plus d’un.
Comment l’image de désolation qu’avait offert ce petit bout de terre au reste du monde pourrait panser ses plaies ? La réponse apparaît un an après, en parcourant les petites routes sinueuses de Llers, Biure et Capmany. Derrière l’écorce encore brunie des chênes-lièges poussait tout simplement la vie. En frottant la première couche de sol noirci, la terre respirait à nouveau et en y regardant de plus près, les petites fourmis avaient repris leurs infatigables marches nuptiales.
Le chercheur barcelonais avait donc raison : il fallait laisser reposer la terre pour que la nature reparte. C’était donc ça le secret.
La végétation est dans une stratégie de régénération. Pour en avoir le cœur net, c’est en compagnie de Sandra Saura Mas, elle aussi chercheur au Centre de recerca ecològica i aplicacions forestals et professeur à l’universitat autònoma de Barcelona que nous avons crapahuté dans les forêts de l’Empordà. Pour elle, la végétation est dans une stratégie de renouvellement.
Cette dernière passe automatiquement par quatre phases : la repousse, la germination, la combinaison des deux et la non-régénération. L’incendie de l’été dernier a parcouru deux zones bien distinctes de l’Empordà, souligne la technicienne. «D’un côté la zone de Capmany (à droite de La Jonquera) avec des forêts de chênes-lièges et de chênes verts et de l’autre la zone Agullana, de Boadella d’Empordà, et de Llers (à gauche de La Jonquera) avec des étendues de pins. Les quatre phases de régénération sont totalement respectées à différentes échelles.
Un chêne sur trente est mort. La partie est de l’Empordà est en phase de repousse. L’écorce a protégé le cœur des chênes, ce qui a permis au tissu végétal de se réactiver. Bien que chaque arbre réagisse différemment face au feu, les premières évaluations montrent qu’un chêne sur trente est mort.
Les pins de la zone ouest de La Jonquera, n’ont pas eu cette chance. A de rares exceptions, la grande majorité des arbres n’a pas survécu (on parle ici de non-régénération). Cependant, les pignes tombées sur le sol ont stimulé la germination de l’espèce végétale aidée par les pluies du printemps dernier.
Sur l’ensemble des terres touchées, très rapidement après le feu, la petite végétation a germiné. Le feu a provoqué une fertilisation des sols. Résultat, la bruyère et les genêts se sont parfaitement réactivés. Et des tapis d’herbes méditerranéens ont recouvert les bois. Autre conséquence de l’incendie, l’estepa qui était inconnu a cet endroit, s’est installé très rapidement après les incendies sur ce maquis. Il y a un processus automatique de régénération des plantes méditerranéennes, souligne Sandra Saura Mas.
Bien qu’il faille entre 20 et 30 ans pour que la régénération soit totale, nous avons œuvré pour que ces espaces restent en l’état pendant un an et qu’ils ne soient pas soumis à l’arrachage. Il faut laisser la terre se reposer et cicatriser, pour que "poc a poc", la nature reprenne totalement, ses droits.
Visca Catalunya lliure !
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