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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 08:00

J+56. Lundi 11 mai. (Llibertat). Jusqu'ici tout va bien…

 

Libérés, délivrés… "C'est décidé, je m'en vais… J'ai laissé mon enfance en été, perdue dans l'hiver… Le froid est pour moi le prix de la liberté"....

Oui je sais, c'est n'importe quoi, c'est juste le refrain de la "reine des neiges"… mais bon, j'ai bien le droit de "craquer" un peu pour la libération ?

 

Il est l'heure de faire un petit bilan, un peu comme lors du retour de colonie de vacances, quand on regarde les photos, un peu comme à la fin de l'été quand on est bien bronzé et qu'on rigole. Ce matin, toutefois, c'est très différent : on sort quand même de presque deux mois de confinement.

 

Alors, que s'est-il passé ? Les débuts ont été plus sereins que la fin... On a d'abord eu droit à de l'humour policier face a une cliente n'ayant acheté que du Coca, et on oubliera vite ceux qui ont verbalisé à mauvais escient, comme à l'EHPAD de Graulhet, comme au pont de l'ile de Ré... Je préfère donc retenir le : "Madame, vous prévoyez une gastro ou quoi ?" déclaré à la dame au coca : ça c'était drôle et ça m'a fait rire...

 

- On est sortis (pas moi) plusieurs fois par jour juste pour acheter des petites bricoles ou pour jouer au Kéno avec notre petite attestation dérogatoire. Les autorités ont durci le ton.

- On a testé les apéros virtuels sans grand succès : "ça marche ? Non ! Vous m'entendez ? Non ? Tu me vois ? Non ! Zut, ça  a coupé !"

- On a aussi essayé les coupes de cheveux "faites maison", comme le ministre de l'économie Bruno le Maire a tenté sur ses enfants... C'était particulièrement raté !

 

- On a tenté un grand retour à l’école en suivant des cours sur l’écran avec les plus jeunes, avec peu de succès là aussi, je dois dire. Parfois un peu quand même...

- On a eu nos rendez-vous ensemble à la télé : avec Harry Potter le mardi, avec Top chef le mercredi, et même Koh-Lanta le vendredi… (enfin, pas moi...)...

- On a attendu, entendu, redouté des discours, les chiffres foireux du ministre de la santé, les conclusions de Salomon, la clope de Sibeth, le président en chef de guerre, avec le sous-titreur qui se mélangeait les pinceaux et écrivait des bêtises... Tellement qu'on lisait les inepties en étant morts de rire et qu'on en a oublié le fond...

- On a subi Barbe-Blanche le grand schtroumph, Barge-Rouge, le barbier à la belle écharpe qui s'écharpait avec les invités, les "spécialistes de tout" qui nous barbaient sur les chaînes d'info, et Ruth la taulière qui s'allumait (pour rire) avec les invités... oh la barbe !

- On a eu ceux qui devaient crier sur leur balcon en applaudissant ou en tapant sur des casseroles de 20h00 à 20h02, 

- On a eu les pubs raccourcies (super) et la 27ème rediffusion de Vintage Mecanic ou de la "rénovation impossible" sur la 24, bref, c’étaient les rendez-vous que nous suivions (presque) tous ensemble à la télé.

 

Ensemble on a aussi perdu Christophe, et tant d'autres restés anonymes...

 

- On a renoué des amitiés, on s’est peut-être jamais aimé aussi fort d'ailleurs.

- On s’est fait un jardin, sur le balcon parfois, à l’intérieur de nous toujours, mais on a cultivé beaucoup.

- On a cuisiné, on s’est remis en question, on a oublié l’heure, on a perdu les jours, on a posé des questions, on a eu des réponses, mais pas toujours.

- On a fait corps avec l’ennui, on s’est dit c’était pas grave, alors on a créé, inventé, imaginé, fait du sport en chambre, on est devenu fous...

- On s’est déchirés, mais on a ri et on s’est réinventés. On a banni le jean, on a pensé à nous, on a tenu encore et encore, on s’est retrouvés. On est peut-être plus forts maintenant ? Ou pas.

Pour certains, ce matin, c'était plus dur que pour d'autres... notamment quand le réveil a sonné et qu'il a fallu sortir de sa grotte, enlever son jogging et ses pantoufles. Aïe, ça fait mal de remettre des chaussures...

J'ai pensé à tout ? Ma carte d'accès au parking, mon badge ? C'est bon, masque, gants, on peut sortir.

 

Le déconfinement nous a surpris en plein mois de mars, avec des pulls et des blousons et nous arrivons d'un seul coup à la mi-mai, en pulls et blousons ! Pas terrible le "voyage dans le temps"... Les shorts et les tongs vont rester encore un petit moment dans les placards, on y a cru trop tôt.

 

Protégés de masques et de gants, on va revoir des amis, des voisins, les collègues... Derrière leur masque, on devinera très bien ceux qui font la tête et ceux qui nous sourient. Après le "salut, ça va, ça faisait un bail" et le "tu n'as pas un peu grossi ?", il va falloir s'habituer aux remarques sur les coupes de cheveux loupées, sur les tignasses, sur les masques mal mis et autres anecdotes. Ce n'est pas bien méchant.

 

Le virus est toujours là et il va nous falloir vivre avec. La distanciation sociale, les gestes barrières et autres lavages de mains au gel hydro-alcoolique sont autant de concepts que nous avons du intégrer rapidement et qui nous colleront pendant longtemps, mais ce n'ai pas si grave au fond.

 

Il ne fait pas beau ce matin, le ciel est gris, les saints de glace vont nous "pourrir la vie" pendant quelques jours, mais le déconfiné que je suis espère vous retrouver bientôt pour d'autres thèmes.

Je vous remercie d'avoir suivi ces plus de 50 billets quotidiens, et je vous assure que jusqu'ici, tout va bien...

 

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 09:00

J+55. Dimanche 10 mai. (1 au jus). Jusqu'ici tout va bien…

 

Demain, c'est la fin du confinement (et du tome I du journal de marche d'un confiné)… J'ai du mal à l'imaginer. A la veille de ce fameux déconfinement, les appels des "milieux autorisés" se multiplient contre tout relâchement de l’attention et pour le maintien des gestes de protection. C'est donc aujourd'hui le 55e et dernier jour sous cloche avant le déconfinement, mais la prudence reste de mise afin de ne pas relancer la courbe des décès. Même s'il semble faiblir (un peu), le virus est toujours là, partout… il continue de circuler faute de traitement et de vaccin.

Le nombre de victimes a poursuivi sa décrue (80 morts de plus en 24 heures), dont 4 seulement en EHPAD, mais quand même, on va terminer le confinage avec environ 26.400 décès. Le parlement a adopté hier la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, jusqu’au 10 juillet 2020, et 32 départements restent classés "rouges". Le port du masque devient obligatoire dans les transports en commun, même chez les "verts". Il convient donc de se garder de penser que tout est réglé.

L’Etat doit mettre 10 millions de masques à disposition des usagers des transports, à partir de lundi, selon le ministre de l’intérieur. C'est lin d'être gagné, surtout quand on voit le nombre d'employés du secteur public ou assimilé qui n'ont pas encore de masques. Je pense aux crèches, garderies et structures scolaires fonctionnant au profit des enfants de soignants, aux techniciens médicaux, etc. La situation s’annonce particulièrement délicate dans la capitale et les banlieues et demain, l'intox et l'incurie habituelles de nos dirigeants vont encore éclater au grand jour. Pour tenter d’éviter la cohue dans le métro, le RER et les trains de banlieues, une attestation de l’employeur sera obligatoire aux heures de pointe. Je ne le sens pas du tout…

Autre dossier chaud : la réouverture des écoles qui risque de virer au casse-tête, et qui inquiète les élus et les parents. Demain va être le moment où les belles paroles "effets d'annonce" et les éléments de langage de ces derniers instants vont avouer leurs limites. Si la situation n'était pas si grave, cela prêterai presque à rire. La politique, c'est un métier, ça ne s'improvise pas et la bande d'amateurs peu éclairés de l'exécutif va l'apprendre à nos dépens.

Olivier Véran, ministre de la santé (un des rares ministres que je pense honnête et compétent) nous a assuré la main sur le cœur que les conditions sanitaires étaient réunies pour le million d’enfants qui devraient retrouver le chemin de l’école. En fait, le gouvernement l'espère peut-être, mais n'en sait rien. Le ministre de l'éducation a revu ses chiffres à la baisse et se contenterait que les enfants aient pu retrouver au moins "une fois leur école d’ici à fin mai". Et bien, ça va être joli les diplômes 2020. Je serai un patron devant recruter, j'éviterai soigneusement ce millésime…

Je regarde un peu autour de moi, en zone rurale, et je constate que dans les faits, le confinement est quasiment déjà terminé. Les motos circulent à fond, les gens se baladent à plusieurs dans les voitures, les équipements de protection sont à peu près absents et je doute que les distances de sécurité soient respectées chez beaucoup de voisins.

Certes, je peux les comprendre, avec ces deux mois de ras-le-bol et de privation. Il va faire beau aujourd'hui (pas comme demain) et ce dimanche est le théâtre de nombre de réunions familiales, où les plus jeunes sont venus visiter les anciens. En tant normal, c'est un tableau réjouissant, mais en fin de confinement, je dois dire que toutes ces embrassades, du papi au petit dernier né pendant la crise, sont plutôt du domaine de l'inquiétant.

 

On va dire que nous sommes en zone verte et que les parisiens des environs, pour cette raison, ne semblent pas pressés de remonter chez eux. S'ils restent encore un peu, ce doit donc être que jusqu'ici, tout va bien…

 

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 08:00

J+54. Samedi 9 mai. (2 au jus). Jusqu'ici tout va bien…

 

J'ai du mal à imaginer que c'est le dernier week-end confiné (pour l'instant)… Les planqués qui ont fui à la campagne vont regagner les grandes métropoles et plus tard, ils diront aux jeunes générations insouciantes : "ce qu'il vous faudrait, c’est un bon confinement ! " C'est vrai qu'on aura quelques souvenirs de cette période inédite, mais faut pas exagérer, ce n'est quand même pas une guerre, comme disait l'autre. La guerre du virus, ce sont les héros soignants qui l'ont faite, pas nous. Les seuls choix que nous avions à faire concernaient l'organisation de nos journées, rien à voir avec les tranchées. Au pire, certains ont fait des guerres virtuelles sur des consoles vidéo… Je me marre.

 

Je me suis ensuite souvenu du passé et de ce terrible confinement, même si les épreuves ont été assez douces. C'est vrai qu'on a mangé un peu de pain dur, que certains ont fait leur propre pain, avec la farine qu'ils trouvaient, parce qu’on ne trouvait plus de farine d’épeautre au rayon bio du supermarché. Beaucoup avaient acheté ces saletés de machines à pain, qui donnaient du pain quasi immangeable. Il devenait rapidement dur, sec, avec des grumeaux. Même trempé dans la soupe, il restait dur.

 

C'est vrai qu'il y avait la queue devant les magasins sur des dizaines de mètres et que le magasin n’avait rien prévu pour nous protéger. Mais bon, il faut relativiser, on était en mars et il faisait environ 12 degrés, alors on a survécu.

C'est vrai qu'on devait se remplir une attestation de sortie dérogatoire. Certains faisaient des cauchemars où ils avaient peur de croiser un policier, ou de ne plus avoir d'encre. Au début, il fallait les imprimer ces fichues attestations, mais on n’avait plus de cartouches d’encre noire. Les HP364 étaient devenues introuvables. Alors on bricolait, on imprimait nos formulaires en vert foncé, ou en rouge bordeaux, mais un jour, même les cartouches de couleurs se sont retrouvées vides. Il fallait être débrouillard, en ce temps-là, alors est venue l'attestation virtuelle sur le téléphone. Le problème était la consommation de ces fichus smartphones, lorsque la maréchaussée voulait vérifier notre QR code, il arrivait souvent que la batterie de l'appareil avait rendu l'âme… Fichu confinement.

 

Plus tard, nous expliquerons aux jeunes ce que nous avons traversé car rester chez soi pendant des semaines est une situation qui crée des traumatismes profonds. La vie n’a plus de sens quand on nettoie la cuisine qui est à nouveau sale une heure après et qu'il faut renettoyer. Et ça recommence, encore et encore, pendant des jours et des jours, sans interruption. On ne pouvait plus s’arrêter de faire le ménage, et on passait notre temps à ça, sinon la maison devenait le chaos.

Je ne sais pas ce qui nous a fait tenir ? L'instinct nous fait continuer parce qu’il le faut, parce qu’il faut vivre malgré l’ennui, malgré les mains sèches à force de les laver et de les sécher. Ceci dit, nous nous en sommes bien sortis grâce au pot de crème de karité qui nous restait "d’avant". On le rationnait mais nos amis, eux, avaient les mains qui pelaient.

Comme déshumanisés, nous portions des caleçons et des joggings informes, qui s’étaient couverts de tâches de sauce au fil des jours. Je n'ai pas arrêté de me laver, contrairement à certains voisins, mais quand le confinement a été fini, je portais la barbe. Ayant le crane lisse, par chance, je n'ai pas eu les cheveux longs et je me suis gaussé de ceux qui, portant tignasse, cherchaient à corps et à cris à trouver un rendez-vous chez un coiffeur.

 

Nous étions devenus des animaux, se méfiant des autres, nous exprimant par gestes, par grognements et mangeant avec les mains. On se croit homme, mais l’homme est peu de chose… et c'est alors que je me suis réveillé !

 

Ouf, ce n'était qu'un cauchemar, nous sommes toujours confinés, Dieu soit loué ! Jusqu'ici tout va bien…

 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 08:00

J+53. Vendredi 8 mai. (3 au jus). Jusqu'ici tout va bien…

 

Cette année verra une bien curieuse célébration des 75 ans de la fin de la seconde guerre mondiale, en plein confinement. La pandémie reste encore très virulente aux États-Unis, où le nombre quotidien de morts ne baisse pas, loin de là, avec 2400 décès survenus au cours des dernières 24 heures.

Les Etats-Unis sont bloqués sur un plateau d'altitude dont ils n’arrivent pas à redescendre, mais nous n'avons pas de quoi pavoiser en Europe. La pandémie y a tué plus de 150.000 personnes : environ 30000 au Royaume-Uni en Italie, environ 26000 en Espagne et chez nous. De plus, tout le monde s'accorde à dire que ces chiffres sont très vraisemblablement sous-estimés.

 

Le 8 mai 1945 est une date historique mondiale qui célèbre la victoire des alliés sur l'Allemagne nazie et la fin de la seconde guerre mondiale en Europe. Ce jour, marqué par la capitulation de l'ennemi est appelé par les anglophones le "Victory in Europe Day ". Le mot Europe a été rajouté par les ricains pour le différencier du "Victory over Japan Day" célébré quant à lui le 2 septembre, jour anniversaire de la capitulation du Japon.

Comment va donc être célébré ce 8 mai ? Aux États-Unis, le ministère de la défense organise un "Jour de la Victoire en Europe" virtuel, avec une émission diffusée en direct sur les réseaux sociaux.

Au Royaume-Uni, la reine Elisabeth II s’adressera à ses sujets pour la 2ème fois depuis le début de la pandémie. Les traditionnelles fêtes de rue et processions de vétérans sont annulées, et le gouvernement demande à la population de festoyer à domicile, en lui proposant des idées de jeux ou de recettes.

À Paris, le président doit présider une cérémonie dans un format très restreint et sans public, sur les Champs-Élysées. Seuls les principaux responsables politiques et militaires seront présents et on ne devrait voir aucun ancien combattant ou porte-drapeau pour des raisons de sécurité liées à l'âge.

Moscou avait invité le président Macron mais c'est dans ce pays que l’incidence de l’épidémie sur les festivités sera la plus criante. Elles sont en partie annulées, sans aucun invité de marque étranger et la place rouge ne verra cette année aucun grand défilé militaire. Seule la partie aérienne a été maintenue, et elle se tiendra samedi. Point barre, circulez et fermez le ban.

En Allemagne, la grande cérémonie officielle a dû être annulée. C'était la seconde devant se tenir depuis la fin de la guerre, après celle de 1995. En attendant, célébrer une pilule, c'est quand même énorme et ça confine au masochisme. Cette annulation ne devrait donc pas faire de peine à grand monde, en Schpounzie.

 

Plus gai, en Catalogne Sud ce vendredi, Barcelone rouvre ses plages le matin, mais uniquement pour la pratique sportive. Il n'est pas question d'apporter sa serviette pour faire de la bronzette. La fréquentation des plages doit être uniquement dynamique. Ceci dit, la sensation du sable entre les orteils, c'est déjà un sacré progrès. C'est la première phase de déconfinement, qui va bientôt concerner en Europe, même s’il sera disparate et progressif, les pays suivants : la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas, la Belgique, la République tchèque, la Grèce et l’Ukraine.

 

Du côté médical, en ce 8 mai, nous apprenons d'une étude américaine que l'hydroxychloroquine n’a ni amélioré ni détérioré de manière significative l’état de patients malades du coronavirus. Zut. Comme un malheur n'arrive jamais seul, l'organisation mondiale de la santé (OMS) va donner ce jour à Genève une conférence de presse sur l’origine animale du virus et son lien possible avec les marchés alimentaires. Oops…

 

Dans l'attente, je vais faire mon "8 mai 1945" de confiné local, je ne vais pas sortir le drapeau Catalan, car "l'estimada estelada" flotte depuis longtemps sur mon balcon et sur le toit de la dépendance. Ceux qui viennent me voir savent où ils arrivent et chez moi l'accueil est toujours à la hauteur, car jusqu'ici, tout va bien…

 

 

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 08:00

J+52. Jeudi 7 mai. (4 au jus). Jusqu'ici tout va bien…

 

Quoi ? Qu'est ce que je lis ? Une étude rapporte que 35% de nos compatriotes auraient peur du déconfinement, et n'auraient, à cause de leur angoisse, rien contre si ce dernier se prolongeait encore quelque temps. Où sont donc les projets et les idéaux de libertés ? Si je peux comprendre que la réouverture des écoles et l'emprunt des transports en commun puisse inquiéter nombre d'entre nous dans les conditions actuelles, j'ai un peu plus de mal à comprendre le "syndrome du cocon" qui semble avoir frappé un certain nombre de français.

Le confinement semble pourtant avoir exercé un impact positif sur la consommation alimentaire. Les 2/3 d'entre nous déclarent privilégier désormais le commerce équitable ou de proximité. Le Covid-19 aurait-il incité les gens à adopter une consommation plus responsable ? C'est possible car nous sommes à présent 45% à privilégier les produits locaux, 39% le "made in France" et 29% pour le bio, même si 28% d'entre nous ont malgré tout jugé l'épidémie sans rapport avec notre façon de consommer.

 

Cette crise sanitaire aura au moins démontré que nous sommes tous dépendants de ceux et celles qui cultivent et produisent, que ce soit au bout du monde ou dans notre région. Les gens ont peut-être compris que la clé était de payer au juste prix les productions agricoles, car on ne peut pas exiger un produit de qualité, respectueux de l'environnement ou du bien-être animal, en tirant constamment les prix toujours plus bas.

Il est vrai que parfois, on ne peut pas acheter "local", certains produits essentiels n'étant pas ou peu cultivés chez nous (riz, cacao ou café). Les sondés affirment cependant avoir augmenté leur consommation de légumes (c'est très bien) et de pâtes (on s'en doutait, vu les razzias des débuts) depuis le confinement. L'histoire nous dira si les comportements responsables vont perdurer.

Mais revenons à nos inquiets du déconfinement. La fin de celui-ci ne serait donc pas nécessairement synonyme de liberté et de bonheur. Pour certains d'entre nous, surtout parmi les plus jeunes, il serait même générateur de sentiments plus négatifs, comme la méfiance et l'inquiétude. Certains redoutent cette sortie de lundi prochain et d'autres sont même totalement indifférents à sa survenue.

En tête des éléments redoutés, on trouve les multiples interdictions qui perdureront, puis le fait de devoir garder des distances de sécurité avec les proches et/ou les collègues. L'appréhension de l'absence de vacances cet été clôt le podium de tête, même si la peur de manquer de masques et de gel arrive non loin derrière, suivie de près par le télétravail imposé qui continuera pour certains ou le chômage pour beaucoup d'autres.

Plus légèrement, certains seraient même contrariés de devoir désormais réduire le temps dédié aux nouvelles activités (sportives, créatives...) ou de reprendre tout simplement les obligations de la vie normale et de la société (comme ne pas rester en pyjama, devoir se lever à l'heure...). Ceux-là n'ont pas du lire mon billet où je parlais de l'importance de ces petites mesures liées au minimum de dignité sociale…

 

J'espère qu'à 4 jours du déconfinement, et même si nous savons que le virus est toujours là, vous comme moi, pouvons dire que jusqu'ici, tout va bien…

 

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 09:00

J+51. Mercredi 6 mai. (5 au jus). Jusqu'ici tout va bien…

 

Votre serviteur est confiné, certes, mais au-dessous de la Loire, ce qui change pas mal de choses. Au-dessus de la Loire : les sushis, mais au-dessous de la Loire : les confits. Autrement dit, je suis confiné avec, à portée de main, des viandes succulentes conservées dans la graisse de canard ou d'oie, dans des pots de grès. Ces fameux pots ont même parfois tendance à finir leur vie sur les tombes où ils tiennent lieu de vases, car au-dessous de la Loire, même les morts font du cholestérol.

A ce propos de mauvais cholestérol, je suis allé au ravitaillement, chez un discounter allemand, ce qui est un sacré gage de malbouffe. Le confinement leur donne des ailes. Dans cette longue file d'attente à distanciation sociale, j'ai eu le temps de faire des statistiques.

Lors de mon passage chez Aldi, TOUTES les personnes vérifiant leur ticket de caisse ont constaté des erreurs en leur défaveur, votre serviteur également, pour un total supérieur à 4 euros sur l'ensemble du chariot. Multipliez le nombre de 4,49 euros moyens par le nombre de clients ne réclamant pas le ticket de caisse, multipliez par le nombre de caisses en service, prenez comme quotient l'âge du capitaine et attendu que les martiens portent des cravates lumineuses, vous obtiendrez une démarque inconnue en leur faveur non dénuée d'intérêt à la fin de la journée. On ne le répétera jamais assez : même si c'est fastidieux, suivez bien l'affichage des scans et vérifiez TOUJOURS votre ticket de caisse. Une surprise vous attend.

Puisque nous ne pouvons faire nos courses aussi souvent que nous le souhaiterions, ni même vagabonder devant les rayons, il faut bien manger des aliments qui "tiennent" au corps. Des œufs frits à la graisse de canard, ça "tient". Les piliers de rugby du Sud-Ouest (presque un pléonasme) ont toujours eu un bon coup de fourchette, au sens propre comme au sens figuré. Faire une fourchette dans une mêlée, c'est en effet planter deux doigts français dans deux yeux anglais, ce qui est en fait un geste barrière. Ceux qui ont ré-étiqueté les masques vendus en barquette en doublant leur prix, le mériteraient bien, ce geste barrière…

 

Déconfinement, déconfinement, vite, entend-on, car l’homme (ou la femme) confinée, c’est l’être humain sans imagination. Réarmons notre imagination pour échapper à tous les confinements, mais comment réarme-t-on son imagination ? Peut-être en relisant les poètes, peut-être en réécoutant des musiques oubliées, ou tout simplement regarder des films qu'on avait ratés…

 

J'ai donc cherché aujourd'hui à me renseigner sur les événements s'étant déroulés un 6 mai. Je suis ainsi arrivé en 1937, jour du funeste accident du dirigeable LZ129 "Hindenburg". Construit par la firme allemande Zeppelin, et répondant du doux nom du prédécesseur d'Adolf, c'était le plus grand dirigeable commercial jamais réalisé et affecté sur une ligne régulière Europe-États-Unis. Après 14 mois de service actif, les utilisateurs étaient globalement satisfaits, notamment parce qu'ils n'avaient pas encore eu le loisir de finir carbonisés en torches humaines. L'histoire allait y remédier, lors de son atterrissage à Lakehurst (New Jersey).

Filmé en direct bien avant l'invention du smartphone, ce fut un événement médiatisé dans le monde entier. Ce fut aussi la fin de l'aventure du transport transatlantique par dirigeable.

Ce 6 mai 1937, il y a tout juste 83 ans, le voyage s'était déroulé sans incident particulier, mais l'atterrissage fut retardé par un orage. Alors que les 200 manœuvres au sol s'apprêtent à l'amarrer, un incendie a éclaté à la poupe du dirigeable, rapidement alimenté par le carburant. L'aéronef perd son stabilisateur horizontal et la carcasse métallique s'écrase au sol en 34 secondes, quasiment transformée en super nova.

Personne d'autre que votre serviteur ne vous parlera de ce funeste anniversaire, confinement oblige. Peut-être parce que jusqu'ici, tout va bien…

 

 

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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 08:00

J+50. Mardi 5 mai. (6 au jus). Jusqu'ici tout va bien…

 

Comme nombre d'entre vous, le conarovirus a fichu mes vacances en l'air. Je ne parle même pas des escapades de week-ends d'avril et mai, car TOUS les hôteliers réservés n'ont (pour cause de fermeture) plus donné de nouvelles. J'avais en outre eu le malheur de prévoir (et payer d'avance) deux voyages, l'un à Pâques, l'autre cette semaine ! Si on ajoute l'assemblée générale prévue cette année à 500 km de chez moi et quelques weeks "utilitaires", ça fait une belle débâcle et autant d'argent balancé par la fenêtre.

 

Je n'ai guère de chance avec les voyages : l'an dernier, j'avais préparé une semaine inoubliable à ma camarade de jeux qui voulait visiter Madrid (j'espère que vous imaginez le sacrifice pour un Catalan).

Tout était prêt (et payé), depuis l'acheminement à l'aéroport, jusqu'à l'hôtel romantique près de la "Puerta del Sol". Nous ne sommes jamais partis. Lors de l'enregistrement en ligne des bagages, j'ai appris que le vol avait été purement et simplement annulé sans raison valable par la compagnie la pire du monde : Ryan Air !  Nous devions être reclassés sur Iberia, mais tiens, fume…

La compagnie espagnole donnait (et c'est bien normal) priorité à ses propres clients, avant ceux débarqués par Ryan Air. C'est bon à savoir si vous réservez un combiné (voyage + hôtel) et que vous vous adressez, comme moi, à une centrale de réservation comme Booking. Leur rôle consiste uniquement à vous mettre en relation avec des compagnies aériennes et hôtels (et à en encaisser le paiement). Si l'un ou l'autre fait défaut, Booking se décharge de toute responsabilité car ils savent bien que les frais de justice que vous engageriez éventuellement, excéderaient le coût du voyage. Donc, en 2019, exit Madrid, exit les euros…

J'ai songé à rattraper le coup en 2020, mais c'était sans compter avec le conarovirus. Exit aussi les vacances planifiées (et encore une fois, payées…). J'ai encore dû faire une croix sur plusieurs séjours, suite à la pandémie surprise… même si cette année, les défections avaient une cause différente, maigre consolation.

Nous devions partir à Pâques en Catalogne, avec visite des amis à Barcelone et séjour "Guixolenc" à la mer. C’est un voyage que nous avions réservé dès la fin de l'année, en consolation du précédent voyage à Madrid, annulé et jamais remboursé, à cause de l'incurie (pour ne pas dire plus) de Booking et de Ryan Air.

Pour le second séjour, le mois de mai était une période parfaite pour partir en Catalogne, notamment pour éviter la période estivale, quand le pays est envahi par des hordes de teutons, quoique cette année… C'est à mon sens la meilleure des saisons pour partir au "païs del meu cor", mais ce sera encore une fois un "flop" car le confinement n'est pas terminé et l'hôtel est injoignable et aussi fermé que la frontière.

 

Le tableau est identique pour tous les autres petits week-ends réservés et payés (la plupart du temps, le professionnel fait la sourde oreille et se retranche derrière la trésorerie qu'il n'a plus...). Sachant pertinemment que nous ne pourrions pas accepter, un camping nous a même proposé un avoir sur des dates… en octobre. C'est vraiment du foutage de g….. !

Sur la période, je ne compte plus les voyages annulés et non remboursés. C'est à croire que le bon Dieu ne veut pas nous laisser partir… Pour cette année, je le comprends très bien : il y a des impératifs plus importants que les voyages et il vaut mieux et protéger notre santé, mais le comportement de certains professionnels est parfois bien cavalier.

 

La question est : Que prévoit-on pour remplacer ce(s) voyage(s) ?

Réponse : Rien. Qu'ils aillent tous se faire voir. Ma camarade de jeux a dû poser des congés que nous allons être obligés de prendre, même si nous ne partons pas et qu’il y a la restriction des 100 km. Comme nous sommes très chanceux, son employeur lui a aussi imposé d'autres congés obligatoires pendant le confinement, mesure d'autant plus injuste qu'elle a malgré tout travaillé sous réquisition. C'est illégal mais la patronne a agité le spectre du contrat non renouvelé en cas d'action, alors… ça se passe comme ça en Macronie ! Une ordonnance récente dispense le professionnel de tout remboursement. Au mieux, le voyagiste peut proposer un avoir valable 18 mois, mais dans les faits, la date vous est imposée. Attention, si le prestataire ne vous rembourse pas et qu'il n'est pas couvert par l'APST (Association professionnelle de solidarité du tourisme), votre argent est perdu. Il faut le savoir.

 

Nous ne partirons donc pas et continuerons avec les habitudes prises depuis maintenant une cinquantaine de jours : aller marcher autour de la maison, préparer des plats, regarder les films qu'on avait loupés (je dois être le seul français qui n'avait vu aucun des "Harry Potter", faire le ménage, bref, très loin de ce tout ce qu'on avait à faire à Catalunya !

Seconde question : Comment imaginons-nous notre prochain voyage ? On n'imagine pas. Zut aux voyagistes indélicats, aux organisateurs dépassés et aux hôteliers malhonnêtes. Je passerai l'été chez moi. Peut-être recevrai-je de la visite, de la famille ou des amis, mais je dois aussi assurer le déménagement de mon fils. Pas terrible comme voyage d'agrément. Tant pis : pour 2021, je ne prévois RIEN.

 

Bon à savoir également : l'assurance souscrite (et également payée) ne couvre pas la défection du voyagiste, mais celle du voyagé… Ne comptez donc en aucun cas sur la dite assurance, vous l'avez payée pour rien, à fonds perdus. La théorie prévoit le remboursement, mais la pratique en décide autrement et c'est toujours le consommateur, cochon payant, qui en fait les frais. Hormis le désagrément financier, je dois vous avouer que le moral n'y est plus et qu'il ne va plus falloir me parler de voyage avant une bonne dizaine d'années.

En attendant, il reste les brochures et les rêves, mais aussi la santé, car finalement… jusqu'ici, tout va bien…

 

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 09:00

J+49. Lundi 4 mai. (7 au jus). Jusqu'ici tout va bien…

 

Sans vouloir offenser la puissante ligue des buveurs d’eau, ni même les diététiciens de choc ou le cercle des alcooliques anonymes, les bistrots et les restaus me manquent. Au début de cette période de confinement où les troquets, bouchons, estaminets et autres rades de tout poil ont été priés de fermer leurs portes, je me disais que ne plus y aller serait le cadet de mes soucis, car il y avait bien plus grave, en la "personne" de cet ennemi invisible, insidieux et dont l'unique raison d'être était de se reproduire à l'envi et accessoirement, de nous dégommer.

 

Bien sûr, je pensais de temps à autre aux habitués sympas, à une amie restauratrice, aux clients, aux serveuses qui ont toujours le sourire et un mot gentil, aux discussions de comptoir, là où on refait le monde et où on a (presque) la faiblesse d'y croire… ainsi qu'à ceux et celles que je connais moins, voir pas ou peu, mais dont les points de chute sont et restent, comme pour nombre d’entre nous, un de ces lieux familiers, en quelque sorte, un recoin convivial abrité de la folie du monde. Le mot n'est pas trop fort. Habitués, usagers et employés, je les plains, hors de ce cocon où les tracas divers restaient dehors. Ils sont privés de leur emploi, de leur subsistance, ou de leur raison d'être selon les cas. Pendant le confinement, les choses qui fâchent continuent : les charges fixes, loyers, taxes et autres gracieusetés continuent à tomber tandis que les revenus sont passés à néant.

J'ai réfléchi au passé (déjà si loin) et au temps qui passe, à leur vie de maintenant, sans servir un café, un plat chaud, ou un verre, mais ça c'était avant… et là-dessus, le confinement est arrivé.

Nous avons, pour la majorité d'entre nous été confrontés à la réclusion, seule alternative pour une protection dite absolue. Il ne fallait plus se serrer la main, ne plus s'embrasser, ne plus se rapprocher, ne plus s'esclaffer, même. Fréquenter ces temples de promiscuité était devenu intolérable. Les princes qui nous gouvernent l'ont dit.

 

Ils nous ont expliqué comment penser, à quelle heure applaudir, comment se faire soi-même un mot d'excuse, comment taper sur des casseroles si on ne sait pas chanter, comment se passer du masque qui était d'ailleurs inutile (non, ça c'était un mensonge), comment écouter les contre-vérités de la porte-parole, qui n'a rapidement même plus eu besoin de nous imposer son rire forcé face à la question d'une journaliste bien formatée, comment être de plus en plus atterré devant les chaines d'information continue et le défilés d'éminents professeurs, de non moins éminents experts en tout qui venaient nous asséner des chiffres catastrophiques et des hypothèses apocalyptiques… 

 

Petit à petit, on a donc pris l'habitude de se remplir une attestation dérogatoire le temps d'aller au ravitaillement, juste pour le nécessaire et pour l’espace de quelques jours, sauf à se faire verbaliser. Petit à petit, on a pris l'habitude de se masquer et de ne plus parler dans les lieux publics, sauf pour le strict nécessaire. Petit à petit, on a pris l'habitude de pratiquer la distanciation sociale. Après avoir appris ce nouveau mot, les comportements ont changé. Nous sommes devenus "sauvages", refusant toute forme de convivialité et de rapprochement, bien obligés, même si c'est l'antithèse de ce que nous aimons dans les lieux de détente et de restauration à la française.

 

En y réfléchissant, j'ai eu des images post-11 mai de citoyens zombies retrouvant la lumière avec des yeux rouges et douloureux, et des bras ballants, à peu près en même temps que l’idée de retourner au coin du zinc ou dans mon restaurant préférée et bruyant est venue me titiller, et puis non. Ceci dit, je demande encore pardon aux réfractaires du percolateur italien et de l’expresso, mais le rade est un vestige fragile du temps passé, l’un des pauvres symboles convenus de ce qui nous unissait, de ce qui nous rapprochait aussi. Notre société a besoin de ces rencontres des autres, fussent-ils inutiles ou essentiels, mais qui serions-nous pour en juger ?

Bien sûr, dès la semaine prochaine ou celles d’après, quand nous aurons les yeux rouges, douloureux et les bras ballants (cf. ci-dessus), nous n’irons toujours pas, ni au bistrot, ni au restaurant. Ce n’est pourtant pas l’envie qui nous manque, mais en ce qui me concerne, je ne me vois pas me (re)confiner derrière des isoloirs individuels en plexiglas, y compris à table.

Il n'y a aucun plaisir à boire un verre ou à déguster un plat dans une ambiance qui, n'en déplaise aux tenanciers frappés de plein fouet par cette crise sanitaire et économique, n'aura plus rien de convivial. Autant rester chez soi et se faire livrer une pizza (non, là je plaisante)… Par ailleurs, picoler ou faire bombance à la maison n'a rien d'exaltant, à moins d'être en famille ou entre amis, mais là, on commence à se reprendre à rêver à l'ambiance de convivialité qui nous a tant fait défaut depuis près de deux mois.

A part le temps de se désaltérer rapidement, la chaleur revenant, l'intérêt du verre pris seul à la maison est à peu près inexistant et nous avons tous hâte de redonner vie aux lieux de rapprochement social. Hélas, ce ne sera pas possible, déjà parce qu'ils restent fermés jusqu'à nouvel ordre et ensuite parce que nous avons commencé, ce qui est dramatique pour les relations sociales, à prendre des habitudes d'ours.

 

Sinon, je trouve que le confinement ne joue pas trop sur la santé mentale car jusqu'ici, tout va bien…

 

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 12:00

J+48. Dimanche 3 mai. (8 au jus). Jusqu'ici tout va bien…

 

C'est dimanche, il faut beau, il fait chaud, tellement que la saison des pavots et des lys est déjà passée. 25 degrés sont annoncés aujourd'hui, 32° le sont demain, aïe, ça va être très dur pour les confinés qui n'ont pas la clime… Nombreux ceux qui vont avoir chaud, et d'ailleurs à ce sujet, reste une question existentielle : Comment s’en sort l’amour pendant le confinement ?

On peut se demander ce qu'il en est, même si le sort des couples confinés est chaque fois différent. Comment cela se passe-t-il, que l'on soit éloignés, ensemble ou pas, à distance ou tout (parfois trop) proche. Bref, est ce qu’on s’aimera toujours après le déconfinement ?

 

Pour certain(e)s, c'est plus que délicat, le standard téléphonique du 3919 (signalement des violences intra-familiales) explose. Pharmacies et supermarchés deviennent des points de contact pour que les victimes puissent signaler. Heureusement, ce n'est pas le cas général, il y a bien d'autres cas nettement plus heureux.

D’abord, il y a les séparés, les éloignés pour qui tout est allé trop vite : Elle à Perpinyà, lui à Toulouse, ils n'ont pas eu le temps, ils n'ont pas pu s’organiser, il y avait les enfants, pas assez de place, il y avait les kilomètres. C’est long, trop long déjà. Pour l’un c’est une épreuve, pour l’autre c'est une étape…

Ensuite, il y a les célibataires. Un article sérieux disait que les audiences des sites de rencontre (sérieux) avaient chuté de 55%. Je ne sais pas si ce comptage concerne aussi les sites dit "chauds". En ces temps troublés, on a besoin de chaleur, on a besoin de présence, alors on pioche dans ses ex, on pourrait peut-être s’appeler, se rappeler… Comment ça va, toi ? Je pensais à toi pendant ce fichu  confinement…

 

Par chance, il y a des couples pour qui ça va. Comment s’en sort l’amour à huis clos ? Comment s'en sortent les amoureux confits ? Comment s'en sortent ceux pour qui ça ne fait pas peur ? Au sein de l'appartement, quelque chose d’autre se joue : la guerre de territoire et celle de l’intimité. On redécouvre chaque recoin, chaque trait, chaque petite surprise qu’on avait raté et on se rend compte qu'il n’était peut-être pas trop tard.

Et finalement, il y a les amours illégitimes… Elle est seule. Avant le confinement, elle avait deux amants, deux hommes mariés. Ses amours sont en pause car aimer n'est pas un motif valable pour quitter la maison. Il n'y a pas de case "amour" à cocher sur l'attestation.

Soyons un peu terre à terre : depuis le confinement, les ventes de tests de grossesse ont augmenté dans des proportions remarquables, tandis que celles des préservatifs chutent dramatiquement, selon l'observatoire des ventes. Faut-il pour autant s'attendre à un baby-boom d'ici à plus ou moins 9 mois ? Les confinés s’occuperaient-ils en concevant ?

On peut se le demander à la lecture des données, les ventes de préservatifs ayant carrément baissé de 26%, tandis que celles des tests de grossesse croissaient de 37%. Réponse un peu avant noël, et ce jusque vers la mi-février 2021.

 

Mais faisons fi de la gaudriole, il nous faut aussi réfléchir à ces cartes de déconfinement qui ne cessent de changer d'un jour à l'autre.

La version n°3, garantie sans erreur par rapport à la carte d'hier, nous apprend que les départements de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) passent de l'orange au vert. Hum… jusqu'ici, tout va bien…

 

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 09:00

J+47. Samedi 2 mai. (9 au jus). Jusqu'ici tout va bien…

 

C'est bien gentil d'inciter le bon peuple à applaudir à 20h00 et à taper sur des gamelles comme des neuneus, pour rendre hommage aux soignants, mais s'occuper d'eux, ce serait encore mieux, non ? "Toute guerre a ses profiteurs". C'est le titre cinglant du texte écrit par "7 ordres professionnels des professions de santé", suite au nombre sidérant (SIC) de masques, annoncés à la vente par la grande distribution. Certains seraient même accusés d'avoir profité de la situation pour effectuer des stocks, mais je ne sais pas quoi penser de cette dernière affirmation.

Le tollé des soignants est fort, car ils ne s'expliquent pas ne pas avoir pu (et parfois encore) être dotés de masques, alors qu'on annonce à grand renfort de publicité qu'ils vont être vendus à profusion au public.

Où étaient ces masques, s'insurgent-ils, quand médecins, infirmiers, pharmaciens, dentistes, kinésithérapeutes, podologues, sages-femmes et tous les personnels en prise directe avec la maladie n'en avaient pas et tombaient chaque matin ?, s'interrogent-ils.

Comment les patients les plus fragiles, à qui on expliquait hier qu'ils ne pouvaient pas bénéficier d'une protection adaptée, vont-ils réagir si on leur avance aujourd'hui que les masques (payants au supermarché) tombent à présent à profusion ? Bien sur, la grande distribution nie ces accusations et se dit tributaire des livraisons, les masques à usage unique étant désormais plus facilement disponibles que les masques réutilisables en tissu.

Les pharmaciens ne comprennent pas comment on a soudain pu réunir 400 millions de masques (!) tombés d'on ne sait où. Jusqu'à hier, ils ont du dire à leurs patients qu'ils n'avaient rien pour eux, même à ceux devant se rendre à l'hôpital la peur au ventre.

Les soignants démunis n'ont pas d'autre solution que d'aller dès lundi, acheter eux-mêmes leurs masques dans la grande distribution, car les pharmaciens n'en ont toujours pas. Il s'agit d'une situation de quasi monopole. Nous sommes encore en confinement, que je sache, et cela va juste rassembler un afflux de personnes fragiles dans les supermarchés. C'est ubuesque et absolument impossible à entendre pour les soignants.

 

Ah ces masques, ils en font couler de l'encre… Sibete, qui avait déclaré ne pas savoir mettre un masque, est largement battue : il n’y a pas qu’en France que la guerre des masques fait rage. En Belgique, les politiques ne font pas mieux, et même pire, quand il s’agit de faire une démonstration.

Le ministre de la défense, Koen Geens, n'est pas très doué. Il l’a prouvé dans une séquence filmée et diffusée au journal télévisé de la RTBF. Ce digne représentant du gouvernement belge a voulu montrer l’exemple. Lors d'une visite d'un atelier de fabrication de masques, au moment d’en essayer un, il a fait très fort. En plus de mettre à plusieurs reprises les doigts sur les deux côtés du masque, celui-ci s’est retrouvé sur son crâne, puis sur ses yeux. Certains plaisantins en ont profité pour poster une capture d'écran avec la légende suivante : "Quand tu découvres qu’il y a trop de vaisselle dans l’évier, pendant le confinement". Il l'a bien cherché car l'amateurisme poussé à ce point, ce n'est plus permis par les temps qui courent.

 

Lien de la vidéo du ministre belge

 

Ceci dit, Sibete n'est pas en reste et la porte-parole du gouvernement est aujourd'hui la cible de nombreuses critiques. Elle vient de faire la promotion d'un site gouvernemental, dédié à la lutte contre les fausses informations. Madame N'diaye déclare sans rire avoir observé une hausse significative du nombre de fausses informations et nous propose les sources d'information du gouvernement, "précises, sûres et vérifiées".

Selon son cabinet, ce sont les seules sources à suivre. Fallait oser, mais cela signifie peut-être que jusqu'ici, tout va bien…

 

Rajout de dernière minute pour les masques grand public vendus chez les buralistes (exemple de la publicité gouvernementale espagnole) :

Suisse : 0,80 cts (environ)

Espanya : 0,96 cts

France : environ 5 euros !

 

No comment... sauf ce lien envoyé par Juju...

Lien du paysan heureux

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